NOUVEAUX METIERS DU SKI ALPIN
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SKI-GLACE - SKI Alpin - Equipe de France - À l'Ombre de la Piste
L'Equipe.fr
L'ENTRAÎNEUR
Val-d'Isère, le 9 décembre dernier, étape de Coupe du monde masculine. Marc Pirard part à l'assaut de la piste dès 8 heures du matin : reconnaissance du jury (directeur de l'épreuve, représentant de la FIS) avec lequel il entreprend l'inspection des conditions de neige et de sécurité, un premier passage en ski libre puis la reconnaissance officielle de la piste. Ensuite Marc, comme chaque entraîneur, se poste à un endroit bien précis et n'en bouge plus. Armé d'une caméra, il va filmer chaque passage de ses protégés. Les images seront ensuite montées et disséquées dans l'après-midi auprès de chaque skieur. « Il est très important d'avoir la meilleure vue sur la trajectoire », note-t-il. D'où l'intérêt d'être bien situé et ça, ce n'est pas gagné. Autour de la piste, les places pour avoir le meilleur angle sont chères. « C'est la course à l'arbre où il faudra se percher pour filmer, relève avec humour le technicien. C'est une sorte de rituel. Il y a de la concurrence mais pas au point de scier les branches des rivaux ! » Lors d'un entraînement, Marc Pirard est en contact radio avec ses collègues disséminés sur la piste. Il est aussi en discussion fréquente avec les descendeurs au sujet de leurs performances du jour. « Mais ce que l'on dit doit être ingurgitable. On essaye d'être précis, concis et simple. Il ne faut pas compliquer l'approche mentale du compétiteur. Il faut au contraire le conforter dans ses choix. » Après un repas rapidement expédié, place donc aux analyses sur images. « On y relève tous les détails tactiques et techniques , raconte Pirard. Pourquoi untel est rapide, pourquoi celui-ci perd du temps ? Quelles sont les solutions à apporter ? » Et comme le temps des athlètes est précieux, « on essaye de bien caler ces séances pour que chacun puisse récupérer. » Marc Pirard achève, lui, sa journée alors que l'obscurité est déjà tombée. Juste le temps de boire un verre pour décompresser et il faut déjà aborder le programme du lendemain.
LE PREPARATEUR PHYSIQUE
Vincent Espié , vingt-huit ans, collabore avec l'équipe de France de ski depuis trois ans. Originaire d'Aix-en-Provence (« Il fait froid au ski ! »), il est passé par le Centre d'expertise de la performance à Dijon. Après avoir collaboré avec le club de foot local, il a appris que le clan tricolore recherchait un préparateur physique. Lui s'occupe du groupe vitesse composé de huit coureurs. Ses séances de travail varient de quarante-cinq minutes à une heure quinze avec des thèmes tels qu'un rappel des forces dynamiques, des séances de vitesse, d'étirement ou de musculation. Lors des stages, là où tous les skieurs se retrouvent, il n'hésite pas non plus à programmer des sports collectifs « pour l'ambiance et développer la coordination ». Lors des compétitions, Espié donne un coup de pouce à la délégation. On le retrouve lors de la reconnaissance de la piste puis dans l'aire d'arrivée pour s'occuper des athlètes. La saison de Vincent a débuté dès le mois de mai pour s'achever pratiquement un an après. « L'année dernière, il n'y a qu'une semaine où j'ai vraiment coupé. Il m'arrive aussi de bosser depuis chez moi, mais, là, c'est moi qui choisis mes horaires. C'est un rythme qui me plaît. » Comme d'autres membres de l'encadrement de l'équipe de France, Vincent Espié a le statut de travailleur indépendant. Il facture ses prestations à la Fédération française. S'il avoue vouloir oeuvrer un jour dans un sport collectif, il n'en demeure pas moins attaché au milieu du ski. « Je vis des trucs sympas. J'arrêterai quand ça me soûlera (sic). Pour l'instant, il n'y a aucune date butoir. »
Patrice Paquier passe, lui, sa troisième année auprès de l'équipe de France féminine. Il gère un groupe de onze filles, descendeuses et techniciennes, qu'il suit lors des stages de ski et stages physiques et naturellement les compétitions. « Au début, tout le monde travaille en commun, raconte-t-il. Ensuite, je suis les progressions de chacun. Les objectifs deviennent différents. Entre Carole Montillet, qui a quinze ans d'expérience, et Marie Marchand, qui débute, il n'y a pas la même charge de travail. » Le programme concocté par Patrice : travail sur la vitesse et l'explosivité, sur la fraîcheur physique, l'endurance. Domicilié à Albertville, il doit aussi suivre les filles les jours où il ne les voit pas. « Mais il ne se passe jamais plus d'une semaine sans qu'on se retrouve. Tout ce travail, je le fais pour elles. Mais je ne suis pas un gendarme non plus. Quand j'ai demandé quelque chose, je vois si cela a été fait ou pas. » Patrice Paquier est lui aussi un homme heureux. Il fait le métier qui l'a toujours passionné. « Je me renseigne sans cesse à gauche et à droite. Je traîne dans les salles pour voir comment travaillent les autres athlètes. Cela te permet d'évoluer. » Comme Vincent, il voit plus les skieurs que sa propre famille. « Pas toujours facile. J'arrive à prendre une semaine de vacances.avec plein de coups de fil reçus ou passés. Mais ma famille sait ce que représente ma passion. » Et il faut être d'attaque dès le printemps. « Paradoxalement, je suis plus tranquille l'hiver. Quand commence une nouvelle saison, j'ai tous les programmes physiques à mettre en place. » Vraiment heureux, Patrice. Surtout quand il faut parler de son travail : « J'ai le sentiment que le rôle de préparateur physique est remonté dans l'estime. »
LE KINESITHERAPEUTE
Cédric Daniel est entré en contact avec l'équipe de France par l'intermédiaire de son prédécesseur ! Celui-ci voulait prendre du recul. Cédric, Strasbourgeois de vingt-sept ans, a ainsi pris le relais. Il s'occupe du groupe vitesse où il a quinze garçons à gérer. Il est aidé dans son travail par un deuxième kiné. « Nous fonctionnons par blocs , explique-t-il. Je suis allé aux Etats-Unis et à Val-d'Isère. Lui a ensuite pris le relais. Quand on se croise, nous faisons un briefing. C'est plus intéressant de suivre épisodiquement les coureurs, c'est mieux pour leur suivi . » Comme d'autres membres de l'encadrement, Cédric donne aussi un coup de main pendant les courses ou les entraînements. On le voit le matin à l'échauffement et lors de la reconnaissance de la piste puis dans la cabane de départ. « Je leur donne les dernières consignes. S'il y a une interruption, je dois les garder au chaud. » L'après-midi sera ensuite consacré aux soins et aux massages de récupération. Pour compenser la longueur de la saison, Cédric n'a de cesse de souligner l'attachement qui règne au sein de la délégation française. « Comme une petite famille. On se voit quelquefois en dehors du boulot, on s'appelle au téléphone. Tout le monde sait quand il peut déconner ou quand il doit travailler. » Important quand on passe presque deux cents jours par an ensemble. « Mes affaires sont plus longtemps dans mon sac que chez moi », plaisante Cédric. Mais la passion l'emporte toujours. « Je vibre avec les coureurs pendant les courses », confesse leur kinésithérapeute.
LE MEDECIN
Un planning de chef d'Etat pour MARIE-PHILIPPE ROUSSEAUX-BLANCHI. Médecin-chef fédéral de l'équipe de France, elle court dans tous les sens ! «Et je ne peux pas être partout, clame-t-elle en souriant. Six autres médecins assurent toutes les couvertures. Notre mission est plus soutenue sur le suivi de l'alpin car c'est une discipline qui réclame plus de besoins notamment en matière de traumatologie.
Alors le programme de Marie-Philippe, le voici : suivi longitudinal, bilans médicaux au printemps et à l'automne. «Au printemps, quand les stages débutent, il y a tout un programme de prévention à mettre en place, raconte le médecin français. On va faire des tests d'évaluation sur la force musculaire. Puis on va s'adapter en fonction des demandes des entraîneurs et des préparateurs. Ensuite, on attaque la période ski avec l'aide du médecin du suivi. Cela nous fait près de deux cents skieurs à gérer. C'est deux mois de boulot non stop ! Et puis naturellement il y a la gestion des blessures. Heureusement, pour l'instant on touche du bois : quatre blessés (NDLR : avant les épreuves de Val d'Isère en décembre).
A cela s'ajoutent les contrôles antidopage. Tout cela donne au bon docteur un rythme de travail qu'elle qualifie d'infernal. «C'est mon seul regret». Mais Marie-Philippe Rousseaux-Blanchi tient à rappeler que ce métier est aussi une passion. Elle a débuté en 1981 comme médecin des sports-études. Elle a vu défiler des jeunes qui ont ensuite intégré l'équipe de France : Pierre-Emmanuel Dalcin et Jean-Pierre Vidal notamment. Et puis il y a aussi les formations, les colloques... «Quand je viens sur une étape de Coupe du monde, j'ai l'impression d'être en vacances», rigole encore ce petit bout de femme.
LE PREPARATEUR TECHNIQUE
Raffaele SCOZZAFAVA planche depuis dix-sept ans sur les skis de l'équipe de France. Actuellement, il s'occupe du matériel d'Ingrid Jacquemod et de Marie Marchand. La vie de ce Calabrais débute très tôt le matin sur la piste : relevés de température et d'hydrométrie puis premiers travaux d'entraînement avec une paire de skis. Le choix du ski utilisé sera fait à la dernière minute en accord avec l'athlète. Avec Scozzafava aux manettes, Jacquemod dispose d'une quinzaine de paires pour la descente et d'un peu moins d'une dizaine pour le super-G. En fin de matinée, direction ensuite le local où il va s'enfermer pour la journée entière. La plupart du temps, celui-ci est situé dans un sous-sol. «Il n'y a pas de place ailleurs», constate sans frustration l'intéressé. Seul bémol : «Je vois rarement la lumière du jour mais ce n'est pas trop grave. La passion prend le dessus.
Hormis une pause repas - «un jambon-beurre» - Raffaele ne sortira de son local qu'aux alentours de 19 heures. Parmi les tâches auxquelles il s'atelle : affutage des skis, nettoyage des semelles, fartage, polissage du champ. Les préparateurs techniques travaillent avec des testeurs de ski, la plupart du temps des anciens coureurs professionnels désormais employés par des marques. «Le risque zéro n'existe pas au niveau de la préparation, affirme le technicien italien. Mais c'est tout de même difficile de se tromper. Le souci majeur, c'est la météo. Si une rafale de vent survient à la dernière minute, là, tu ne peux rien faire.
Raffaele Scozzafava fait partie des trois préparateurs rattachés au groupe vitesse féminin. «Pour faire du bon travail, il te faut travailler avec au maximum trois athlètes. Sinon, cela devient trop dur. Et Raffaele d'ajouter : «Dans ce travail, il faut bien sentir son athlète. Au niveau des sensations, Ingrid est quelqu'un de très fort. Pour ce qui est des réglages, elle et moi faisons de belles choses.
L'ENTRAÎNEUR
Val-d'Isère, le 9 décembre dernier, étape de Coupe du monde masculine. Marc Pirard part à l'assaut de la piste dès 8 heures du matin : reconnaissance du jury (directeur de l'épreuve, représentant de la FIS) avec lequel il entreprend l'inspection des conditions de neige et de sécurité, un premier passage en ski libre puis la reconnaissance officielle de la piste. Ensuite Marc, comme chaque entraîneur, se poste à un endroit bien précis et n'en bouge plus. Armé d'une caméra, il va filmer chaque passage de ses protégés. Les images seront ensuite montées et disséquées dans l'après-midi auprès de chaque skieur. « Il est très important d'avoir la meilleure vue sur la trajectoire », note-t-il. D'où l'intérêt d'être bien situé et ça, ce n'est pas gagné. Autour de la piste, les places pour avoir le meilleur angle sont chères. « C'est la course à l'arbre où il faudra se percher pour filmer, relève avec humour le technicien. C'est une sorte de rituel. Il y a de la concurrence mais pas au point de scier les branches des rivaux ! » Lors d'un entraînement, Marc Pirard est en contact radio avec ses collègues disséminés sur la piste. Il est aussi en discussion fréquente avec les descendeurs au sujet de leurs performances du jour. « Mais ce que l'on dit doit être ingurgitable. On essaye d'être précis, concis et simple. Il ne faut pas compliquer l'approche mentale du compétiteur. Il faut au contraire le conforter dans ses choix. » Après un repas rapidement expédié, place donc aux analyses sur images. « On y relève tous les détails tactiques et techniques , raconte Pirard. Pourquoi untel est rapide, pourquoi celui-ci perd du temps ? Quelles sont les solutions à apporter ? » Et comme le temps des athlètes est précieux, « on essaye de bien caler ces séances pour que chacun puisse récupérer. » Marc Pirard achève, lui, sa journée alors que l'obscurité est déjà tombée. Juste le temps de boire un verre pour décompresser et il faut déjà aborder le programme du lendemain.
LE PREPARATEUR PHYSIQUE
Vincent Espié , vingt-huit ans, collabore avec l'équipe de France de ski depuis trois ans. Originaire d'Aix-en-Provence (« Il fait froid au ski ! »), il est passé par le Centre d'expertise de la performance à Dijon. Après avoir collaboré avec le club de foot local, il a appris que le clan tricolore recherchait un préparateur physique. Lui s'occupe du groupe vitesse composé de huit coureurs. Ses séances de travail varient de quarante-cinq minutes à une heure quinze avec des thèmes tels qu'un rappel des forces dynamiques, des séances de vitesse, d'étirement ou de musculation. Lors des stages, là où tous les skieurs se retrouvent, il n'hésite pas non plus à programmer des sports collectifs « pour l'ambiance et développer la coordination ». Lors des compétitions, Espié donne un coup de pouce à la délégation. On le retrouve lors de la reconnaissance de la piste puis dans l'aire d'arrivée pour s'occuper des athlètes. La saison de Vincent a débuté dès le mois de mai pour s'achever pratiquement un an après. « L'année dernière, il n'y a qu'une semaine où j'ai vraiment coupé. Il m'arrive aussi de bosser depuis chez moi, mais, là, c'est moi qui choisis mes horaires. C'est un rythme qui me plaît. » Comme d'autres membres de l'encadrement de l'équipe de France, Vincent Espié a le statut de travailleur indépendant. Il facture ses prestations à la Fédération française. S'il avoue vouloir oeuvrer un jour dans un sport collectif, il n'en demeure pas moins attaché au milieu du ski. « Je vis des trucs sympas. J'arrêterai quand ça me soûlera (sic). Pour l'instant, il n'y a aucune date butoir. »
Patrice Paquier passe, lui, sa troisième année auprès de l'équipe de France féminine. Il gère un groupe de onze filles, descendeuses et techniciennes, qu'il suit lors des stages de ski et stages physiques et naturellement les compétitions. « Au début, tout le monde travaille en commun, raconte-t-il. Ensuite, je suis les progressions de chacun. Les objectifs deviennent différents. Entre Carole Montillet, qui a quinze ans d'expérience, et Marie Marchand, qui débute, il n'y a pas la même charge de travail. » Le programme concocté par Patrice : travail sur la vitesse et l'explosivité, sur la fraîcheur physique, l'endurance. Domicilié à Albertville, il doit aussi suivre les filles les jours où il ne les voit pas. « Mais il ne se passe jamais plus d'une semaine sans qu'on se retrouve. Tout ce travail, je le fais pour elles. Mais je ne suis pas un gendarme non plus. Quand j'ai demandé quelque chose, je vois si cela a été fait ou pas. » Patrice Paquier est lui aussi un homme heureux. Il fait le métier qui l'a toujours passionné. « Je me renseigne sans cesse à gauche et à droite. Je traîne dans les salles pour voir comment travaillent les autres athlètes. Cela te permet d'évoluer. » Comme Vincent, il voit plus les skieurs que sa propre famille. « Pas toujours facile. J'arrive à prendre une semaine de vacances.avec plein de coups de fil reçus ou passés. Mais ma famille sait ce que représente ma passion. » Et il faut être d'attaque dès le printemps. « Paradoxalement, je suis plus tranquille l'hiver. Quand commence une nouvelle saison, j'ai tous les programmes physiques à mettre en place. » Vraiment heureux, Patrice. Surtout quand il faut parler de son travail : « J'ai le sentiment que le rôle de préparateur physique est remonté dans l'estime. »
LE KINESITHERAPEUTE
Cédric Daniel est entré en contact avec l'équipe de France par l'intermédiaire de son prédécesseur ! Celui-ci voulait prendre du recul. Cédric, Strasbourgeois de vingt-sept ans, a ainsi pris le relais. Il s'occupe du groupe vitesse où il a quinze garçons à gérer. Il est aidé dans son travail par un deuxième kiné. « Nous fonctionnons par blocs , explique-t-il. Je suis allé aux Etats-Unis et à Val-d'Isère. Lui a ensuite pris le relais. Quand on se croise, nous faisons un briefing. C'est plus intéressant de suivre épisodiquement les coureurs, c'est mieux pour leur suivi . » Comme d'autres membres de l'encadrement, Cédric donne aussi un coup de main pendant les courses ou les entraînements. On le voit le matin à l'échauffement et lors de la reconnaissance de la piste puis dans la cabane de départ. « Je leur donne les dernières consignes. S'il y a une interruption, je dois les garder au chaud. » L'après-midi sera ensuite consacré aux soins et aux massages de récupération. Pour compenser la longueur de la saison, Cédric n'a de cesse de souligner l'attachement qui règne au sein de la délégation française. « Comme une petite famille. On se voit quelquefois en dehors du boulot, on s'appelle au téléphone. Tout le monde sait quand il peut déconner ou quand il doit travailler. » Important quand on passe presque deux cents jours par an ensemble. « Mes affaires sont plus longtemps dans mon sac que chez moi », plaisante Cédric. Mais la passion l'emporte toujours. « Je vibre avec les coureurs pendant les courses », confesse leur kinésithérapeute.
LE MEDECIN
Un planning de chef d'Etat pour MARIE-PHILIPPE ROUSSEAUX-BLANCHI. Médecin-chef fédéral de l'équipe de France, elle court dans tous les sens ! «Et je ne peux pas être partout, clame-t-elle en souriant. Six autres médecins assurent toutes les couvertures. Notre mission est plus soutenue sur le suivi de l'alpin car c'est une discipline qui réclame plus de besoins notamment en matière de traumatologie.
Alors le programme de Marie-Philippe, le voici : suivi longitudinal, bilans médicaux au printemps et à l'automne. «Au printemps, quand les stages débutent, il y a tout un programme de prévention à mettre en place, raconte le médecin français. On va faire des tests d'évaluation sur la force musculaire. Puis on va s'adapter en fonction des demandes des entraîneurs et des préparateurs. Ensuite, on attaque la période ski avec l'aide du médecin du suivi. Cela nous fait près de deux cents skieurs à gérer. C'est deux mois de boulot non stop ! Et puis naturellement il y a la gestion des blessures. Heureusement, pour l'instant on touche du bois : quatre blessés (NDLR : avant les épreuves de Val d'Isère en décembre).
A cela s'ajoutent les contrôles antidopage. Tout cela donne au bon docteur un rythme de travail qu'elle qualifie d'infernal. «C'est mon seul regret». Mais Marie-Philippe Rousseaux-Blanchi tient à rappeler que ce métier est aussi une passion. Elle a débuté en 1981 comme médecin des sports-études. Elle a vu défiler des jeunes qui ont ensuite intégré l'équipe de France : Pierre-Emmanuel Dalcin et Jean-Pierre Vidal notamment. Et puis il y a aussi les formations, les colloques... «Quand je viens sur une étape de Coupe du monde, j'ai l'impression d'être en vacances», rigole encore ce petit bout de femme.
LE PREPARATEUR TECHNIQUE
Raffaele SCOZZAFAVA planche depuis dix-sept ans sur les skis de l'équipe de France. Actuellement, il s'occupe du matériel d'Ingrid Jacquemod et de Marie Marchand. La vie de ce Calabrais débute très tôt le matin sur la piste : relevés de température et d'hydrométrie puis premiers travaux d'entraînement avec une paire de skis. Le choix du ski utilisé sera fait à la dernière minute en accord avec l'athlète. Avec Scozzafava aux manettes, Jacquemod dispose d'une quinzaine de paires pour la descente et d'un peu moins d'une dizaine pour le super-G. En fin de matinée, direction ensuite le local où il va s'enfermer pour la journée entière. La plupart du temps, celui-ci est situé dans un sous-sol. «Il n'y a pas de place ailleurs», constate sans frustration l'intéressé. Seul bémol : «Je vois rarement la lumière du jour mais ce n'est pas trop grave. La passion prend le dessus.
Hormis une pause repas - «un jambon-beurre» - Raffaele ne sortira de son local qu'aux alentours de 19 heures. Parmi les tâches auxquelles il s'atelle : affutage des skis, nettoyage des semelles, fartage, polissage du champ. Les préparateurs techniques travaillent avec des testeurs de ski, la plupart du temps des anciens coureurs professionnels désormais employés par des marques. «Le risque zéro n'existe pas au niveau de la préparation, affirme le technicien italien. Mais c'est tout de même difficile de se tromper. Le souci majeur, c'est la météo. Si une rafale de vent survient à la dernière minute, là, tu ne peux rien faire.
Raffaele Scozzafava fait partie des trois préparateurs rattachés au groupe vitesse féminin. «Pour faire du bon travail, il te faut travailler avec au maximum trois athlètes. Sinon, cela devient trop dur. Et Raffaele d'ajouter : «Dans ce travail, il faut bien sentir son athlète. Au niveau des sensations, Ingrid est quelqu'un de très fort. Pour ce qui est des réglages, elle et moi faisons de belles choses.
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