ACCIDENT DE PLONGEE AU TRIMIX
Rédigé le 02/12/2005 à 16:08
http://denisplongees.blogsdesport.fr/

Il y a maintenant peu de chance de retrouver Penny, disparue en plongée lundi matin avec un autre plongeur recycleur.
Les faits sont les suivants.
Un groupe de plongeurs voulait profiter de la fin de saison pour s’organiser des plongées perso au trimix. J’étais en stage dans ce centre de plongée et vers la fin de la semaine, des personnes se sont regroupées pour caler leur configuration. Il y avait des plongeurs trimix en circuit ouvert et en recycleur circuit fermé. Penny Glover est arrivée dimanche midi avec un plongeur qui était un de ses anciens élèves. Elle l'avait formé en septembre au recycleur et au trimix
Le dimanche après midi, ils on fait les mélanges, qui ont tous été vérifiés avec un analyseur hélium/ oxygène.
Penny plongeait avec son Evolution avec un diluant trimix 10/50. Elle avait une bouteille (vraisemblablement de l’air) sur le coté pour gonfler sa stab et son vêtement étanche. La bouteille pouvait être utilisée comme diluant à travers un connecteur. Elle emportait aussi deux bouteilles relais, une de trimix, l’autre de nitrox. Un détendeur était branché sur sa bouteille d’oxygène. Apparemment, sa configuration habituelle.
Le matin le temps était très beau, la mer calme. Le groupe est parti plonger sur le sec « Caramel », un tombant avec un sommet à 55 et un pied à 80 m, situé dans la rade de Hyères, entre Porquerolles et la Gabinière, pas loin du Donator. En surface, les conditions étaient idéales, mais au fond, il y avait un peu de courant. La plongée était organisée de façon classique avec une ligne de descente sur une grosse bouée et deux stations de décompression dérivantes attachées à cette ligne. Penny avait décidé de faire sa décompression sous son parachute.
Les deux premières palanquées se sont succédées, avec des temps au fond de 15 minutes entre 70 et 80 m. Penny avait décidé de faire 20 minutes et se trouvait donc derrière les deux autres palanquées.
Le pilote a vu les deux premières palanquées décrocher leurs stations puis le parachute de Penny arriver en surface. Il a récupéré les deux première palanquées puis a suivi le parachute. Au bout d’un moment, le bateau est allé vérifier la dernière palanquée et n’a trouvé qu’un parachute avec un dévidoir au bout.
Le bateau a commencé des recherches puis a alerté les secours. La SNSM et des hélicoptères sont intervenus jusque dans la soirée. Le temps était clair, il est probable que si la palanqué s’était trouvée en surface, Penny avait d’autres parachutes qu’elle aurait pu déployer et elle aurait été retrouvée.
Une enquête est en cours et il faut donc être prudent.
On peut seulement rappeler que lorsque deux plongeurs disparaissent, c’est souvent l’un qui a un problème et l’autre qui essaye de lui porter secours.
Qui ? Quel problème ?
La dernière palanquée a vu Penny au fond puis des bulles remonter lorsqu’ils étaient sur la ligne de la balise. Le problème est sans doute apparu en décompression, juste après que le parachute (son parachute « normal ») est été envoyé, suivant la procédure habituelle.
On se demande comment une personne aussi expérimentée et rigoureuse que Penny a pu se faire piéger. Penny était une personne extraordinaire, passionnée, on le savait dès qu’on l’avait rencontrée. Même si elle avait des grosses responsabilités professionnelles, les recycleurs étaient sa vie, elle ne parlait que de ça. Dans sa maison à La Londe, on trébuchait sur des caisses de recycleurs et des bidons de chaux sodée. Elle enseignait pour faire partager sa passion, et ceux qui ont eu la chance d’apprendre avec elle l’appelait la « Dame de fer » : intransigeante, exigeante, elle ne plaisantait pas avec les recycleurs. Penny était connue et respectée internationalement. Elle avait reçu une distinction du BSAC pour avoir rédigé le premier manuel de formation sur l’Inspiration.
C’était aussi simplement une chic fille.
La leçon apprise c’est qu’avec le trimix, la profondeur s’est banalisée. Pourtant, lorsqu’un problème arrive, la surface est loin. Même les meilleurs peuvent se faire avoir.
Faites attention à vous.
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Il y a maintenant peu de chance de retrouver Penny, disparue en plongée lundi matin avec un autre plongeur recycleur.
Les faits sont les suivants.
Un groupe de plongeurs voulait profiter de la fin de saison pour s’organiser des plongées perso au trimix. J’étais en stage dans ce centre de plongée et vers la fin de la semaine, des personnes se sont regroupées pour caler leur configuration. Il y avait des plongeurs trimix en circuit ouvert et en recycleur circuit fermé. Penny Glover est arrivée dimanche midi avec un plongeur qui était un de ses anciens élèves. Elle l'avait formé en septembre au recycleur et au trimix
Le dimanche après midi, ils on fait les mélanges, qui ont tous été vérifiés avec un analyseur hélium/ oxygène.
Penny plongeait avec son Evolution avec un diluant trimix 10/50. Elle avait une bouteille (vraisemblablement de l’air) sur le coté pour gonfler sa stab et son vêtement étanche. La bouteille pouvait être utilisée comme diluant à travers un connecteur. Elle emportait aussi deux bouteilles relais, une de trimix, l’autre de nitrox. Un détendeur était branché sur sa bouteille d’oxygène. Apparemment, sa configuration habituelle.
Le matin le temps était très beau, la mer calme. Le groupe est parti plonger sur le sec « Caramel », un tombant avec un sommet à 55 et un pied à 80 m, situé dans la rade de Hyères, entre Porquerolles et la Gabinière, pas loin du Donator. En surface, les conditions étaient idéales, mais au fond, il y avait un peu de courant. La plongée était organisée de façon classique avec une ligne de descente sur une grosse bouée et deux stations de décompression dérivantes attachées à cette ligne. Penny avait décidé de faire sa décompression sous son parachute.
Les deux premières palanquées se sont succédées, avec des temps au fond de 15 minutes entre 70 et 80 m. Penny avait décidé de faire 20 minutes et se trouvait donc derrière les deux autres palanquées.
Le pilote a vu les deux premières palanquées décrocher leurs stations puis le parachute de Penny arriver en surface. Il a récupéré les deux première palanquées puis a suivi le parachute. Au bout d’un moment, le bateau est allé vérifier la dernière palanquée et n’a trouvé qu’un parachute avec un dévidoir au bout.
Le bateau a commencé des recherches puis a alerté les secours. La SNSM et des hélicoptères sont intervenus jusque dans la soirée. Le temps était clair, il est probable que si la palanqué s’était trouvée en surface, Penny avait d’autres parachutes qu’elle aurait pu déployer et elle aurait été retrouvée.
Une enquête est en cours et il faut donc être prudent.
On peut seulement rappeler que lorsque deux plongeurs disparaissent, c’est souvent l’un qui a un problème et l’autre qui essaye de lui porter secours.
Qui ? Quel problème ?
La dernière palanquée a vu Penny au fond puis des bulles remonter lorsqu’ils étaient sur la ligne de la balise. Le problème est sans doute apparu en décompression, juste après que le parachute (son parachute « normal ») est été envoyé, suivant la procédure habituelle.
On se demande comment une personne aussi expérimentée et rigoureuse que Penny a pu se faire piéger. Penny était une personne extraordinaire, passionnée, on le savait dès qu’on l’avait rencontrée. Même si elle avait des grosses responsabilités professionnelles, les recycleurs étaient sa vie, elle ne parlait que de ça. Dans sa maison à La Londe, on trébuchait sur des caisses de recycleurs et des bidons de chaux sodée. Elle enseignait pour faire partager sa passion, et ceux qui ont eu la chance d’apprendre avec elle l’appelait la « Dame de fer » : intransigeante, exigeante, elle ne plaisantait pas avec les recycleurs. Penny était connue et respectée internationalement. Elle avait reçu une distinction du BSAC pour avoir rédigé le premier manuel de formation sur l’Inspiration.
C’était aussi simplement une chic fille.
La leçon apprise c’est qu’avec le trimix, la profondeur s’est banalisée. Pourtant, lorsqu’un problème arrive, la surface est loin. Même les meilleurs peuvent se faire avoir.
Faites attention à vous.
Jean Pierre IMBERT
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