THERMOGENESE PAR ANTICIPATION
LE RECORD DU MONDE EN BAIN GLACE
Sciences et Vie
Cécile Dumas (21/12/05)
Cécile Dumas (21/12/05)
Lewis Gordon Pugh fait partie de ceux qui aiment pousser les limites de la physiologie humaine à lextrême. Dernier exploit en date de ce nageur aguerri : nager un kilomètre et demi en 30 minutes et 30 secondes dans une eau proche de 0°C, en maillot et bonnet de bain, dans lAntarctique. Le Britannique a ainsi battu le record du monde de la plus longue nage polaire. Deux jours plus tôt, le 14 décembre, Lewis Pugh est devenu lhomme qui a nagé le plus au sud, à 65° de latitude, dans une eau tellement salée quelle descend légèrement en dessous de zéro sans geler. Il y a parcouru un kilomètre en 18 minutes et 10 secondes.
Plonger dans une eau aussi glacée sans équipement serait fatal pour une personne non entraînée. James Butcher explique dans la revue médicale The Lancet quà cette température les poumons se compressent : la respiration est de plus en plus courte et fréquente, le rythme cardiaque et la pression sanguine saccélèrent dangereusement.
Lorsquil plonge, Pugh ressent de vives douleurs mais évite un enchaînement fatal grâce à des immersions répétées dans leau glacée. Il lui faut ensuite maintenir la température au-dessus de 35°C.
Pour cela Lewis Pugh nage le plus vite possible afin de produire de la chaleur. Lathlète a aussi battu des records du monde de vitesse en natation. Lynne Cox, la précédente détentrice du record du monde de la nage la plus australe, à une latitude de 64°, met davantage à profit la graisse qui enveloppe ses muscles (la masse graisseuse est en moyenne plus importante chez les femmes).
Lun des secrets de Pugh pour endurer la nage dans une eau glacée, en Arctique comme en Antarctique, serait sa capacité à augmenter sa température corporelle dau moins un degré avant de plonger. Tim Noakes, spécialiste de la médecine du sport, qui suit les exploits de Pugh, appelle cela la thermogenèse par anticipation. Ce professeur de lUniversité du Cap, en Afrique du sud, pense quil sagit dun mécanisme pavlovien acquis par des années dentraînement dans leau plus que froide.
Plonger dans une eau aussi glacée sans équipement serait fatal pour une personne non entraînée. James Butcher explique dans la revue médicale The Lancet quà cette température les poumons se compressent : la respiration est de plus en plus courte et fréquente, le rythme cardiaque et la pression sanguine saccélèrent dangereusement.
Lorsquil plonge, Pugh ressent de vives douleurs mais évite un enchaînement fatal grâce à des immersions répétées dans leau glacée. Il lui faut ensuite maintenir la température au-dessus de 35°C.
Pour cela Lewis Pugh nage le plus vite possible afin de produire de la chaleur. Lathlète a aussi battu des records du monde de vitesse en natation. Lynne Cox, la précédente détentrice du record du monde de la nage la plus australe, à une latitude de 64°, met davantage à profit la graisse qui enveloppe ses muscles (la masse graisseuse est en moyenne plus importante chez les femmes).
Lun des secrets de Pugh pour endurer la nage dans une eau glacée, en Arctique comme en Antarctique, serait sa capacité à augmenter sa température corporelle dau moins un degré avant de plonger. Tim Noakes, spécialiste de la médecine du sport, qui suit les exploits de Pugh, appelle cela la thermogenèse par anticipation. Ce professeur de lUniversité du Cap, en Afrique du sud, pense quil sagit dun mécanisme pavlovien acquis par des années dentraînement dans leau plus que froide.
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