LE BUDO AU-DELA DES BARRIERES CULTURELLES (PART IV)
| LE BUDO AU-DELA DES BARRIERES CULTURELLES |
Kenji TOKITSU 9° Dan
http://www.tokitsu.com
La méthode énergétique
La seconde méthode trace un chemin quasi inverse. Elle vise dès le départ à renforcer ce qui véhicule le principe de l'efficacité : le « ki ». Je dirais que cette méthode vise à réorganiser le système sensoriel pour que le corps fonctionne spontanément avec une meilleure régulation énergétique. Si la première s'appuie sur les formes techniques élaborées jusqu'à une perfection, la seconde s'appuie directement sur le système sensoriel inhérent aux techniques gestuelles de la plus haute efficacité.
C'est pourquoi, selon cette méthode, la technique doit apparaître spontanément à partir de la sensation du « ki ». Elle ne s'appuie pas sur l'apprentissage spécifique des techniques comme la méthode du kata. S'il y a une élaboration technique, elle viendra après avoir maîtrisé suffisamment le principe d'efficacité : le « ki ». Le taïki-ken, qui provient de la méthode chinoise du yi chuan, en est un exemple typique.
En sabre, même pour une méthode qui se situe à l'opposé de la méthode du kata et vise la formation directe au combat par l'acquisition d'un élément mental et énergétique essentiel, un minimum de maîtrise technique est obligatoire pour savoir utiliser le tranchant du sabre.
La méthode de Hirayama Gyozo (1759-1828) en est un bon exemple, l'apprentissage technique y est limité au minimum. Sa méthode consiste en une seule technique. Un exercice à deux où l'un attaque avec un shinaï long un adversaire qui porte une protection sur la tête et est armé d'un shinaï court de 40 cm. Ce dernier doit attaquer pour porter un coup à la poitrine du premier, avec l'esprit de la transpercer, ceci, quels que soient les coups qu'il reçoit en s'approchant.
Hirayama Gyozo écrit dans un de ses ouvrages Kensetsu (Explication du sabre) :
« L'objectif de l´art du sabre est de tuer l´ennemi. L´essentiel est de faire passer votre esprit meurtrier à travers la poitrine de l´adversaire. »
L'école de Hirayama Gyozo s'appelle Sinkan-ryu ou Shinnuki-ryu (l'école de traverser par l'esprit ou l'école de traverser par l'essentiel, selon les idéogrammes).
Selon Hirayama Gyozo, si votre esprit traverse l'adversaire, vous êtes vainqueur et c'est la méthode la plus sûre et efficace en combat réel au sabre. J'y vois un travail énergétique qui vise à renforcer l'esprit de la manière la plus directe. La simplicité de cet entraînement est la répétition d'un seul geste, ce qui est comparable à l'exercice apparemment simple de rester debout et immobile en « ritsu-zen » (zen debout). Pourtant, avec la posture immobile du ritsu-zen, vous exercez votre esprit afin de constituer une disposition mentale et physique à écraser l'adversaire quel qu'il soit. En combat de sabre, il faut utiliser correctement le sabre, c'est pourquoi l'exercice simple des suburi était à la base de la méthode de Hirayama Gyozo. Sa méthode consiste à ce geste simple et à renforcer ce qui est le plus fondamental en combat. Je la caractérise donc comme une méthode qui vise à renforcer directement et simplement l'essentiel de l'énergétique : le « ki » du combat.
Dans la tradition du sabre, une méthode énergétique est le plus souvent appliquée en parallèle à la méthode des kata ou à la suite de celle-ci. Je prendrai l'exemple de deux maîtres célèbres du XIXe siècle, Shiraï Toru (1783-vers 1845) et Yamaoka Tesshu (1836-1888) qui ont suivi cette démarche.
Les problèmes rencontrés par ces deux adeptes sont incontournables pour toute réflexion sur la méthode des arts martiaux japonais.
Pendant la seconde moitié de sa vie, Shiraï Toru dominait ses adversaires par l'étrange puissance qui émanait de son sabre. On rapporte que la pointe de son bokken dégageait un cercle lumineux. Avant d'atteindre ce niveau, il a rencontré une impasse qu'il n'a pu dépasser qu'au prix de longues années d'entraînement et de méditation ascétique. Cette méthode, le « rentan », repose principalement sur un travail énergétique qui correspond en grande partie au qi gong martial d'aujourd'hui. Selon Shiraï Toru, le « rentan » est la seule méthode concrète pour atteindre le niveau supérieur de la voie de sabre.
Yamaoka Tesshu a atteint lui aussi un niveau extraordinaire en sabre ; il s'est appuyé sur la pratique du zen. Il était pauvre et, vers l'âge de trente ans, habitait dans une maison en mauvais état. On l'avait surnommé Tetsu habillé en chiffons, ou aussi Tetsu le démon du dojo. Plusieurs de ses amis racontent que, la nuit, le plafond de la maison résonnait du bruit des souris. Mais, sitôt que Tesshu commençait le zazen, son « ki » remplissait l'espace et les souris cessaient de faire du bruit et il arrivait aussi que quelques unes tombent des poutres sur lesquelles elles couraient. Plusieurs années après, lorsque Tesshu commençait le zazen, les souris cessaient de courir et descendaient jouer autour de lui. Je ne sais l'authenticité de cette anecdote.
En tout cas, il existe de nombreux témoignages sur la force du « ki » de Tesshu. Takano Sazaburo (1862-1950), un des plus grands maîtres du kendo du début de siècle témoigne :
« Lors de l'entraînement, maître faisait se frapper par ses élèves, mais ils ne peuvent jamais avoir la sensation de le toucher vraiment. Quand je m'efforçais de lui porter un coup puissant, je trouvais toujours la pointe du shinaï de maître sur ma gorge... L'attitude du Maître était semblable à un ballon que vous ne pouvez jamais faire tomber. Il avait une souplesse insondable, car cette souplesse comportait une puissance d'acier. C'est ainsi qu'à entraînement, même en le frappant plein centre du men, je ne pouvais jamais ressentir que je l'avais touché. Tout le monde était repoussé par son ki... Même la pointe de son shinaï arrivait à trente centimètres devant moi, par un petit mouvement de pointe, j'avais toujours l'impression d'avoir reçu un tsuki. Le maître ne maniait pas le sabre avec les mains, mais avec son centre d'énergie... Il m'est arrivé un jour de recevoir un très léger coup de tsuki et sur le moment je n'ai rien ressenti. Mais en rentrant à la maison j'ai été pris d'une étrange sensation comme si ma gorge avait été trouée et que l'air s'y circulait. Cette étrange sensation a persisté durant deux jours.»
Si ces deux grands maîtres ont pu radicalement transformer la qualité de leur sabre, l'un par le rentan, l'autre par le zazen, nous pouvons penser que ces pratiques les ont aidés à réorganiser la manière de sentir et d'agir qui sous-tend la technique du sabre. Du point de vue pratique, la personne qui s'exerce à cette méthode ne pense pas forcément qu'elle s'est engagée dans une réorganisation. Subjectivement, elle ressentira une amélioration morale ou selon sa croyance une illumination ou une purification du corps et de l'esprit... Mais ce qui est commun est vraisemblablement la forte sensation du « ki ».
Si le zen a influencé la pratique du sabre japonais, ce n'est pas comme philosophie spéculative, mais fondamentalement à travers la pratique corporelle du zazen. Je pense que, du moins au début, le zen a attiré les guerriers de la période des guerres féodales par son aspect pragmatique.
Comme j'ai dit plus haut, une particularité du budo consiste dans le fait qu'en poussant au fond le pragmatisme, celui-ci commence à se confondre avec la morale et la philosophie. Même si la philosophie du budo est intrigante sur le plan intellectuel, discuter de sa philosophie ne fera nullement comprendre le budo.
La méthode du « rentan » comme celle du zen vise à développer l'essentiel du budo sans passer par l'apprentissage de techniques spécifique. Mais dans l'art du sabre qui exige un maniement et des trajets justes, cette méthode n'est applicable qu'après avoir maîtrisé un minimum technique. Car, même si vous avez acquis une maîtrise énergétique et une perception juste de l'action en combat, vos gestes ne sont pas transposables avec l'efficacité si votre sabre ne suit pas sur les trajets justes. Même avec une très grande force, le sabre ne tranche pas si la lame n'est pas dirigée dans la direction correcte. Tandis que dans l'art du combat à main nue, il s'agit de porter un coup, et non de pourfendre avec une lame, vous pouvez donner un coup efficace sans la précision requise avec la lame du sabre. Dans la mesure ou vous pouvez produire un impact suffisant, la frappe est efficace quel que soit l'angle d'attaque.
Conclusion
Pour développer la pratique qualitative du budo en dépassant des barrières culturelles, je pense que nous devons avoir l'ouverture d'esprit qui nous permet de comprendre qu'il existe d'autres systèmes de pensée dans d´autres cultures.
Il faut, en même temps, évidemment, affronter les techniques du budo. Nous devons y voir un des éléments essentiels par lesquels le budo se constitue. Je suis persuadé que la clef du budo est dans notre corps, ce qui signifie qu'elle est au-delà des barrières culturelles. Je pense qu'il s'agit du « ki » mais il ne s'agit pas du « ki » en général. Dans la pratique du budo, nous sommes face au « ki » modulé sous forme technique, sans lequel le budo ne peut pas exister.
J'ai brièvement analysé et présenté deux méthodes classiques qui visent à développer le « ki », soit par la pratique des kata au sens large, soit directement par l'exercice énergétique.
L'histoire du budo, en particulier du kendo, montre que ces deux méthodes convergent.
Mettre en évidence le travail sur le « ki » permet, non seulement de concrétiser la pratique du budo, mais aussi d'ouvrir la possibilité d'une pratique à long terme. Le budo peut contribuer par là au bien-être et au renforcement vital. Selon mon analyse, la sensation du « ki » est au fondement du budo. Elle peut être ressentie au-delà des barrières culturelles, ouvrant ainsi des perspectives accessibles hors de la culture bouddhiste et shintoïste japonaise, tout en conservant ce qui fait la spécificité du budo.
La méthode énergétique
La seconde méthode trace un chemin quasi inverse. Elle vise dès le départ à renforcer ce qui véhicule le principe de l'efficacité : le « ki ». Je dirais que cette méthode vise à réorganiser le système sensoriel pour que le corps fonctionne spontanément avec une meilleure régulation énergétique. Si la première s'appuie sur les formes techniques élaborées jusqu'à une perfection, la seconde s'appuie directement sur le système sensoriel inhérent aux techniques gestuelles de la plus haute efficacité.
C'est pourquoi, selon cette méthode, la technique doit apparaître spontanément à partir de la sensation du « ki ». Elle ne s'appuie pas sur l'apprentissage spécifique des techniques comme la méthode du kata. S'il y a une élaboration technique, elle viendra après avoir maîtrisé suffisamment le principe d'efficacité : le « ki ». Le taïki-ken, qui provient de la méthode chinoise du yi chuan, en est un exemple typique.
En sabre, même pour une méthode qui se situe à l'opposé de la méthode du kata et vise la formation directe au combat par l'acquisition d'un élément mental et énergétique essentiel, un minimum de maîtrise technique est obligatoire pour savoir utiliser le tranchant du sabre.
La méthode de Hirayama Gyozo (1759-1828) en est un bon exemple, l'apprentissage technique y est limité au minimum. Sa méthode consiste en une seule technique. Un exercice à deux où l'un attaque avec un shinaï long un adversaire qui porte une protection sur la tête et est armé d'un shinaï court de 40 cm. Ce dernier doit attaquer pour porter un coup à la poitrine du premier, avec l'esprit de la transpercer, ceci, quels que soient les coups qu'il reçoit en s'approchant.
Hirayama Gyozo écrit dans un de ses ouvrages Kensetsu (Explication du sabre) :
« L'objectif de l´art du sabre est de tuer l´ennemi. L´essentiel est de faire passer votre esprit meurtrier à travers la poitrine de l´adversaire. »
L'école de Hirayama Gyozo s'appelle Sinkan-ryu ou Shinnuki-ryu (l'école de traverser par l'esprit ou l'école de traverser par l'essentiel, selon les idéogrammes).
Selon Hirayama Gyozo, si votre esprit traverse l'adversaire, vous êtes vainqueur et c'est la méthode la plus sûre et efficace en combat réel au sabre. J'y vois un travail énergétique qui vise à renforcer l'esprit de la manière la plus directe. La simplicité de cet entraînement est la répétition d'un seul geste, ce qui est comparable à l'exercice apparemment simple de rester debout et immobile en « ritsu-zen » (zen debout). Pourtant, avec la posture immobile du ritsu-zen, vous exercez votre esprit afin de constituer une disposition mentale et physique à écraser l'adversaire quel qu'il soit. En combat de sabre, il faut utiliser correctement le sabre, c'est pourquoi l'exercice simple des suburi était à la base de la méthode de Hirayama Gyozo. Sa méthode consiste à ce geste simple et à renforcer ce qui est le plus fondamental en combat. Je la caractérise donc comme une méthode qui vise à renforcer directement et simplement l'essentiel de l'énergétique : le « ki » du combat.
Dans la tradition du sabre, une méthode énergétique est le plus souvent appliquée en parallèle à la méthode des kata ou à la suite de celle-ci. Je prendrai l'exemple de deux maîtres célèbres du XIXe siècle, Shiraï Toru (1783-vers 1845) et Yamaoka Tesshu (1836-1888) qui ont suivi cette démarche.
Les problèmes rencontrés par ces deux adeptes sont incontournables pour toute réflexion sur la méthode des arts martiaux japonais.
Pendant la seconde moitié de sa vie, Shiraï Toru dominait ses adversaires par l'étrange puissance qui émanait de son sabre. On rapporte que la pointe de son bokken dégageait un cercle lumineux. Avant d'atteindre ce niveau, il a rencontré une impasse qu'il n'a pu dépasser qu'au prix de longues années d'entraînement et de méditation ascétique. Cette méthode, le « rentan », repose principalement sur un travail énergétique qui correspond en grande partie au qi gong martial d'aujourd'hui. Selon Shiraï Toru, le « rentan » est la seule méthode concrète pour atteindre le niveau supérieur de la voie de sabre.
Yamaoka Tesshu a atteint lui aussi un niveau extraordinaire en sabre ; il s'est appuyé sur la pratique du zen. Il était pauvre et, vers l'âge de trente ans, habitait dans une maison en mauvais état. On l'avait surnommé Tetsu habillé en chiffons, ou aussi Tetsu le démon du dojo. Plusieurs de ses amis racontent que, la nuit, le plafond de la maison résonnait du bruit des souris. Mais, sitôt que Tesshu commençait le zazen, son « ki » remplissait l'espace et les souris cessaient de faire du bruit et il arrivait aussi que quelques unes tombent des poutres sur lesquelles elles couraient. Plusieurs années après, lorsque Tesshu commençait le zazen, les souris cessaient de courir et descendaient jouer autour de lui. Je ne sais l'authenticité de cette anecdote.
En tout cas, il existe de nombreux témoignages sur la force du « ki » de Tesshu. Takano Sazaburo (1862-1950), un des plus grands maîtres du kendo du début de siècle témoigne :
« Lors de l'entraînement, maître faisait se frapper par ses élèves, mais ils ne peuvent jamais avoir la sensation de le toucher vraiment. Quand je m'efforçais de lui porter un coup puissant, je trouvais toujours la pointe du shinaï de maître sur ma gorge... L'attitude du Maître était semblable à un ballon que vous ne pouvez jamais faire tomber. Il avait une souplesse insondable, car cette souplesse comportait une puissance d'acier. C'est ainsi qu'à entraînement, même en le frappant plein centre du men, je ne pouvais jamais ressentir que je l'avais touché. Tout le monde était repoussé par son ki... Même la pointe de son shinaï arrivait à trente centimètres devant moi, par un petit mouvement de pointe, j'avais toujours l'impression d'avoir reçu un tsuki. Le maître ne maniait pas le sabre avec les mains, mais avec son centre d'énergie... Il m'est arrivé un jour de recevoir un très léger coup de tsuki et sur le moment je n'ai rien ressenti. Mais en rentrant à la maison j'ai été pris d'une étrange sensation comme si ma gorge avait été trouée et que l'air s'y circulait. Cette étrange sensation a persisté durant deux jours.»
Si ces deux grands maîtres ont pu radicalement transformer la qualité de leur sabre, l'un par le rentan, l'autre par le zazen, nous pouvons penser que ces pratiques les ont aidés à réorganiser la manière de sentir et d'agir qui sous-tend la technique du sabre. Du point de vue pratique, la personne qui s'exerce à cette méthode ne pense pas forcément qu'elle s'est engagée dans une réorganisation. Subjectivement, elle ressentira une amélioration morale ou selon sa croyance une illumination ou une purification du corps et de l'esprit... Mais ce qui est commun est vraisemblablement la forte sensation du « ki ».
Si le zen a influencé la pratique du sabre japonais, ce n'est pas comme philosophie spéculative, mais fondamentalement à travers la pratique corporelle du zazen. Je pense que, du moins au début, le zen a attiré les guerriers de la période des guerres féodales par son aspect pragmatique.
Comme j'ai dit plus haut, une particularité du budo consiste dans le fait qu'en poussant au fond le pragmatisme, celui-ci commence à se confondre avec la morale et la philosophie. Même si la philosophie du budo est intrigante sur le plan intellectuel, discuter de sa philosophie ne fera nullement comprendre le budo.
La méthode du « rentan » comme celle du zen vise à développer l'essentiel du budo sans passer par l'apprentissage de techniques spécifique. Mais dans l'art du sabre qui exige un maniement et des trajets justes, cette méthode n'est applicable qu'après avoir maîtrisé un minimum technique. Car, même si vous avez acquis une maîtrise énergétique et une perception juste de l'action en combat, vos gestes ne sont pas transposables avec l'efficacité si votre sabre ne suit pas sur les trajets justes. Même avec une très grande force, le sabre ne tranche pas si la lame n'est pas dirigée dans la direction correcte. Tandis que dans l'art du combat à main nue, il s'agit de porter un coup, et non de pourfendre avec une lame, vous pouvez donner un coup efficace sans la précision requise avec la lame du sabre. Dans la mesure ou vous pouvez produire un impact suffisant, la frappe est efficace quel que soit l'angle d'attaque.
Conclusion
Pour développer la pratique qualitative du budo en dépassant des barrières culturelles, je pense que nous devons avoir l'ouverture d'esprit qui nous permet de comprendre qu'il existe d'autres systèmes de pensée dans d´autres cultures.
Il faut, en même temps, évidemment, affronter les techniques du budo. Nous devons y voir un des éléments essentiels par lesquels le budo se constitue. Je suis persuadé que la clef du budo est dans notre corps, ce qui signifie qu'elle est au-delà des barrières culturelles. Je pense qu'il s'agit du « ki » mais il ne s'agit pas du « ki » en général. Dans la pratique du budo, nous sommes face au « ki » modulé sous forme technique, sans lequel le budo ne peut pas exister.
J'ai brièvement analysé et présenté deux méthodes classiques qui visent à développer le « ki », soit par la pratique des kata au sens large, soit directement par l'exercice énergétique.
L'histoire du budo, en particulier du kendo, montre que ces deux méthodes convergent.
Mettre en évidence le travail sur le « ki » permet, non seulement de concrétiser la pratique du budo, mais aussi d'ouvrir la possibilité d'une pratique à long terme. Le budo peut contribuer par là au bien-être et au renforcement vital. Selon mon analyse, la sensation du « ki » est au fondement du budo. Elle peut être ressentie au-delà des barrières culturelles, ouvrant ainsi des perspectives accessibles hors de la culture bouddhiste et shintoïste japonaise, tout en conservant ce qui fait la spécificité du budo.