Dimanche 16 juillet 2006
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ETUDE SOCIO-ECONOMIQUE RELATIVE A LA PLONGEE SUBAQUATIQUE EN 2004/2005 |
(SUITE)
MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DES SPORTS
ET DE LA VIE ASSOCIATIVE
1.1.4.4 - Nature des pratiques
Si l'on se réfère à la typologie des pratiques proposée en 1.1.1.2, les 340.000 plongeurs français se répartissent selon le modèle suivant :
Les pratiques actuelles en plongée de loisir peuvent se décliner en quatre familles :
1- Activités de plongée exploration en scaphandre : Ils représentent 80 % des pratiquants, soit 273.000 plongeurs. Parmi eux, 248.000 fréquenteraient les centres de plongée fédéraux et professionnels ; 10.000 seraient des clients directs des voyagistes ; et 15.000 plongeraient avec leurs propres moyens. Il n?est pas possible de classifier avec précision ceux qui font de l?exploration simple, et ceux qui font de la photographie, de la vidéo ou une autre activité de ce type, car aucun d?entre eux ne se contente exclusivement de cette approche.
2- Activités de plongée de loisir en apnée : Ils représentent 14 % des pratiquants, soit 273.000 plongeurs. Parmi eux, 7.000 seraient des pêcheurs sous-marins non compétitifs (2.000 licenciés fédéraux et 5.000 pratiquants libres) ; 5.000 pratiqueraient la randonnée aquatique encadrée ou sur des sentiers sous-marins balisés ; 35.000 seraient des adeptes de la balade de surface en PMT.
3- Activités compétitives en plongée : Ils représentent 5 % des pratiquants, soit 17.000 plongeurs. Parmi eux, 16.000 pratiqueraient la compétition au sein de la FFESSM. Ils se répartiraient entre les activités de nage avec palmes (7.000), pêche sous-marine (6.000), hockey subaquatique (2.000), orientation subaquatique (400), tir sur cible (300) et diverses autres activités très confidentielles (300). Mille compétiteurs supplémentaires pourraient être comptabilisés dans les secteurs de l?apnée des records dynamiques et statiques (notamment avec des organismes spécialisés comme l?Association Internationale pour le Développement de l?Apnée (AIDA), et la pêche sous marine (dans une deuxième fédération nouvellement créée mais non reconnue officiellement, la Fédération Nautique de Pêche Sportive en Apnée (FNSPA).
4- Activités de plongée particulière en scaphandre : Ils représentent 1 % des pratiquants, soit 3.000 plongeurs. Parmi eux, 300 sont des plongeurs spéléologue, 2.000 des spécialistes d?archéologie et 700 des plongeurs techniques purs (au trimix, avec recycleur ?).
En complément de ces chiffres, il est possible de rajouter qu?environ 70.000 de ces pratiquants (soit près de 21 %) optent tous les ans pour les actions de formation afin d?obtenir une nouvelle qualification de plongeur.
1.1.4.5 - Fréquences des pratiques
Il est particulièrement délicat d?estimer le chiffre de la fréquence moyenne des plongées annuelles pour les pratiquants recensés.
Pour les plongeurs en scaphandre, l?enquête AFIT de 1997 annonçait que 42 % des plongeurs en scaphandre pratiquaient de 1 à 5 fois par an, 37 % de 6 à 20 fois par an, et 21 % plus de 20 fois par an.
Si l?on se réfère aux indications fournies par les centres de plongée, ces chiffres sont à peu près confirmés avec une moyenne d?environ 8 plongées par personne et par an en milieu naturel. Cela peut correspondre à 8 sorties isolées, 4 journées de plongées (2 plongées par jour), 2 week-ends de plongée, ou une semaine de voyage plongée.
Si l?on rapproche ces données du nombre estimé de plongeurs en scaphandre (soit 273.000), le nombre annuel de plongées organisées serait de 2,2 millions. Avec un prix moyen de la plongée à 28 euros, le chiffre d?affaires annuel du secteur de l?organisation de la plongée loisirs en France pourrait être estimé à environ 60 millions d?euros, pour les seuls plongeurs français.
Cette tendance est typique des dernières évolutions de la plongée. Dix ou vingt ans en arrière, les plongeurs étaient moins nombreux, mais pratiquaient beaucoup plus, probablement entre 20 à 30 plongées au minimum, par an. L?éclatement des pratiques de plein air, mais aussi le « zapping » des pratiques, poussent le consommateur à privilégier des activités plus faciles à mettre en ?uvre, notamment en matière d?accès et de temps « figé » par la séance d?activité.
De plus, l?actuelle dérive vers la dévalorisation du concept d?expérience préalable à la formation et l?obtention d?un niveau de plongeur, poussent le plongeur à ne pas se centrer sur les plongées exploration. Cela diffère d?ailleurs des conceptions de nos voisins ; les carnets de plongée français sont pratiquement les seuls à ne pas comptabiliser le temps cumulé de plongée, au lieu, ou en plus, du nombre d?immersions, à l?exception de ceux proposés par les syndicats de moniteurs ? mais les cases correspondantes ne sont pratiquement jamais renseignées sur celui-ci.
1.1.4.6 - Pratiques en structure et hors structures
Sur la base des chiffres déjà présentés, il semblerait qu?environ 84 % des plongeurs recensés pratiquent en structure (285.000). Ils se répartiraient entre 248.000 plongeurs en scaphandre (famille 1), 3.000 plongeurs en scaphandre d?activités particulières (famille 4), 2.000 pêcheurs sous-marins noncompétitifs (famille 2), 5.000 randonneurs subaquatiques (famille 2) et 17.000 compétiteurs de diverses activités (famille 3) ; auxquels se rajoutent les 10.000 voyageurs plongeurs qui ne sont recensés dans aucune structure classique en France, mais sont bien pris en charge par le centre réceptif de leur séjour.
Environ 55.000 pratiquants, soit 16 % des plongeurs, pratiqueraient « hors structure » ; 15.000 en plongée en scaphandre ; 5.000 en pêche sous-marine ; 35.000 en promenade de surface en PMT.
1.1.4.7 - Moyens d?information
Il est très difficile de connaître avec exactitude les moyens d?information utilisés par les pratiquants. L?enquête de l?AFIT de 1997 laissait entrevoir la répartition suivante pour les lieux d?information les plus utilisés par les plongeurs :
? 61 % dans un centre de plongée
? 37 % dans une fédération
? 34 % dans un magasin spécialisé
? 19 % dans un office de tourisme
? 17 % dans la presse spécialisée
Hormis la présence des offices de tourisme, dans une proportion assez faible alors qu?ils devraient être en première place, il faut constater que la plupart des sources d?information sont des lieux spécifiques aux activités de plongée. Il est donc possible de constater une forte tendance « des plongeurs à parler aux plongeurs », ce qui n?est pas, par nature, propice à créer de nouveaux adeptes. La récente évolution qui a conduit la plupart des acteurs économiques du secteur à déserter le Salon Nautique de Paris, pour se rendre prioritairement voire exclusivement sur le Salon de la Plongée, à une autre date spécifique, s?inscrit dans cette logique.
Sur cet évènementiel, se concentrent essentiellement des plongeurs, tant professionnels qu?associatifs et clients, mais certainement assez peu de non-plongeurs. D?ailleurs la communication autour de cet événement est essentiellement centrée sur les médias spécialisés en plongée ; pour certains experts, la cible de ce salon, ce sont directement les exposants, qui souvent se contentent de la rencontre avec leurs clients et leurs pairs, et ne se plaignent pas trop de l?absence de pratiquants en devenir.
Il n?y a que très peu de démarches vers les autres moyens d?information, par exemple les salons étrangers (certains centres sont présent en Allemagne, Angleterre, Espagne, etc.), les médias grand public ou les lieux locaux d?accueil du grand public. Il est donc possible d?affirmer que ceux qui font de la plongée aujourd?hui ont été incités à pratiquer indirectement par des médias généralistes qui traitent du monde sous-marin (émissions Thalassa ou Ushuaia, documentaires animaliers divers, revue Géo ?), ou par des plongeurs proches. L?utilisation de l?image « plongée » dans diverses publicité joue certainement aussi un rôle d?incitation à la pratique et confirme que l?image du « plongeur » est considérée comme valorisante.
Cette enquête ne proposait pas d?option «centre ou organisme professionnel», les personnes souhaitant mentionner cette réponse ont donc probablement coché la zone « centre de plongée ».
Certains experts analysent ce phénomène plutôt sous l?angle des coûts importants et des difficultés de présence des acteurs de la plongée sur le Salon Nautique. Les fabricants ayant déserté ce salon, cela a ensuite un peu découragé les autres acteurs d?y être, même si certains centres ou magasins y sont toujours présents, de même que la FFESSM. Pour certains acteurs de la plongée, cette désertion est une erreur importante pour l?image et le développement de ce secteur. L?avenir montrera si ce phénomène persiste ou évolue.
D?autres ont cédé à une démarche d?impulsion en passant devant une enseigne qui propose la plongée, ou sur un site de vacances qui encourage cette activité (hôtel dans les mers chaudes, par exemple)..
Sur la somme totale des lecteurs de revues spécialisées en plongée, que l?on peut estimer à environ 70.000 personnes, il est également possible de penser qu?une petite partie des 70 % qui achètent leur revue en kiosque sont des nouveaux venus attirés par la couverture, sans savoir combien ils sont réellement. Internet est également un mode d?information et de recherche très utilisé aujourd?hui, mais qui est plus souvent de nature à satisfaire un besoin, qu?à le créer.
1.1.4.8 - Les achats de matériel de plongée
Deux démarches peuvent être initiées pour évaluer les investissements en matière d?équipements individuels de plongée et les habitudes d?achat des plongeurs : l?analyse du marché français des ventes d?équipements de plongée ou l?analyse des priorités dans l?achat de matériel par les plongeurs.
Pour ce qui est du marché français des ventes d?équipement de plongée, les chiffres sont difficiles à obtenir, mais après plusieurs consultations et recoupements, il est possible d?estimer ce marché aux environs de 80 millions d?euros annuels.
La part du marché français serait d?environ 5 à 6 % du marché international , et nos voisins annoncent des chiffres en euros bien plus importants (130 millions en Allemagne, 150 millions en Italie, 500 millions aux USA et 200 millions au Japon). La distribution de ce marché s?opèrerait à 35 % par les grandes enseignes spécialisées (Décathlon, Go-sport, Vieux-Campeur ?), 10 % par des hyper-marchés (Leclerc, Auchan, Carrefour ?), 5 % en direct dans les centres de plongée, et 50 % chez les revendeurs spécialisés (1/3 dans une trentaine de magasins en réseau, 2/3 dans une centaine de magasins indépendants).
Les meilleures ventes de matériels en volume se concentreraient sur les ensembles PMT (1 million par an), les vêtements (100.000 par an, dont 15.000 spécifiquement « chasse »), les détendeurs (25.000 par an), mais aussi les ordinateurs de plongée (10 % du marché), la bagagerie et les accessoires (15 %).
Au niveau des périodes d?achat, les plus prisées par les plongeurs sont le mois de septembre avec le PMT, le mois de décembre avec les ordinateurs, lampes et détendeurs, et le mois de mars avec lesgilets et combinaisons d?été ; ces différences ont toutefois tendance à se niveler un peu plus tous les ans, même si mars et avril restent les mois des plus grosses périodes d?investissement pour les plongeurs.
Les priorités dans l?achat de matériel sont également intéressantes à observer. Selon l?enquête AFIT de 1997, dans un ordre décroissant, les plongeurs feraient l?acquisition de PMT (90 % des plongeurs interrogés), vêtement (59 %), lestage (48 %), chaussons (42 %), gants (39 %), couteau (39 %), détendeur (17 %), gilet (16 %), bouteille (13 %) et ordinateur (9 %).
Ce dernier chiffre est probablement le moins actualisé, car aujourd?hui les ventes d?ordinateurs de plongée ont explosé et probablement pris en partie la place d?un matériel qui était acheté par 21 % des plongeurs en 1997 : le profondimètre. Il le remplace et ajoute d?autres fonctions antérieurement assurées par d?autres instruments (montre et tables de plongée). Il facilite donc la gestion de la remontée du plongeur.
De même, rares sont les plongeurs qui achètent aujourd?hui leur lestage, car il est trop inutilement lourd pour les voyageurs, et la plupart des centres proposent ce matériel à bord des bateaux. La démarche du consommateur est la même pour les bouteilles dont les ventes ont grandement chuté depuis cette enquête, en partie pour des raisons identiques, mais également pour éviter les contraintes d?entretien.
1.1.4.9 -Les moyens financiers consacrés à la plongée
Dans ce domaine, les données sont quasi-inexistantes. Il est toutefois possible d?extrapoler les chiffres de l?enquête AFIT de 1997, en y rajoutant l?augmentation du coût de la vie, mais la croissance et le budget des ménages s?étant dégradés fortement durant ces sept dernières années, il est probable que cette approche soit en partie faussée.
Sur cette logique d?estimation, plus de la moitié des plongeurs français en scaphandre (55 %) consacrerait entre 350 et 850 euros par an, pour la plongée (hors hébergement et transport), alors que plus de la moitié des plongeurs en apnée (53 %) dépenserait entre 170 et 340 euros par an.
Si l?on considère que le plus gros des voyages plongée vendus par les tour-opérateurs spécialisés s?effectuent à l?étranger, ce sont environ 30.000 personnes qui partent tous les ans vers des destinations diverses pour un investissement annuel variant d?un minimum de 500 ? par personne pour une semaine pour les moins chères à 2.000 ? pour les plus chères.
1.1.5 - Les attentes des plongeurs français
1.1.5.1 - Perspectives d?évolution des pratiques en France
En dehors des perspectives de développement des secteurs classiques de pratique, notamment en augmentant le nombre de pratiquants et en levant une partie des freins et résistances à la pratique de la plongée, il est possible d?envisager l?émergence de certaines activités :
? La plongée au nitrox
Le terme NITROX vient de l'association de Azote (Nitrogen en anglais) et Oxygène. Il désigne en fait tout mélange de ces deux gaz dans des proportions différentes de celles de l?air. Le "Nitrox" le plus connu est bien entendu l'air atmosphérique que nous respirons depuis notre enfance...
Pour définir les différents nitrox, la convention est de désigner ceux-ci par une succession de deux nombres dont le premier représente toujours l'oxygène et le second l'azote. Ainsi nous définirons le nitrox 40/60 qui contient 40 % d'oxygène et 60% d'azote.
Le nitrox peut donc contenir n'importe quel pourcentage d'oxygène.
? S'il contient moins de 21% d'O2 on dira qu'il s'agit d'un mélange sous-oxygéné.
? S'il contient plus de 21% d'oxygène on dira qu'il s'agit d'un mélange suroxygéné.
L'utilisation de mélanges sous-oxygénés n'est pas intéressante en plongée sportive telle que nous la pratiquons. En effet, les mélanges sous-oxygénés, sont principalement utilisés lors de plongées très profondes, au cours desquelles, ceux-ci permettent de maintenir une pression partielle d'oxygène à une valeur convenable. En revanche l'utilisation de mélanges enrichis en oxygène présente plusieurs avantages :
a) En augmentant le pourcentage d'oxygène, on diminue de fait le pourcentage d'azote. Ceci a pour effet de plonger plus longtemps qu?à l?air à une même profondeur en respectant les mêmes durées de remontée et de palier de décompression, ou, à même profondeur et durée de plongée, de limiter voire de supprimer les temps de palier, ou d'augmenter la qualité de la décompression et donc la sécurité des plongées, si l'on utilise pour la décompression les tables à l'air, tout en respirant un mélange suroxygéné.
b) Diminuer d'environ 10 % à 15 % le volume de gaz consommé.
c) De procurer un meilleur confort à l'issue des décompressions que dans le cas de plongées à l'air (dissolution d'azote plus faible dans l'organisme).
d) Enfin, pour des plongées dans la zone des 40 mètres, le fait de respirer un mélange contenant moins d'azote atténue un peu les effets de la narcose (équivalent narcotique d'une profondeur inférieure)
Ces avantages ont bien entendu leur revers : en utilisant un mélange suroxygéné à une profondeur donnée, la pression partielle d'oxygène est bien évidemment plus importante que dans le cas de la respiration à l'air. Le seuil limite de toxicité est donc plus rapidement atteint. Ce point déterminant, va limiter l'emploi des nitrox à des zones de profondeurs faibles et moyennes.
Notamment pour des raisons de coût, la plongée au nitrox se développe plus facilement à l?étranger qu?en France pour l?instant, mais cela pourrait évoluer. Des centres de plongée se sont d?ores et déjà équipés de systèmes entièrement autonomes (compresseurs à membrane) qui permettent de fabriquer les nitrox à partir de l?air, sans avoir besoin d?une réserve d?oxygène pur.
Il faudrait notamment finir de gommer l?idée de haute technicité pour le pratiquant, héritée d?une erreur de positionnement du nitrox à ses débuts en France (placée dans la famille des activités tek) ; il faudra aussi ne plus justifier l?utilisation du nitrox en terme d?augmentation de la durée de la plongée (dans les eaux métropolitaines, c?est l?autonomie en air ou le froid qui provoquent la fin de l?immersion la plupart du temps), mais plutôt jouer sur le caractère sécurisant au niveau de la décompression.
Malheureusement, deux résistances majeures risquent de perturber cette perspective de développement. Tout d?abord le prix du mélange et de sa mise en ?uvre (fabrication), qui exige de vendre la même plongée (la sécurité en plus), plus cher. Ensuite les projets de normes européennes d?équipements individuels spécifiques à l?utilisation d?oxygène pur pour tout type de nitrox, qui, si elles s?appliquent aux centres de plongée provoqueront la mort de ce secteur.
? La plongée en recycleur semi-fermé
Comme son nom l'indique, il s'agit d'un dispositif qui a pour objet de recycler les gaz expirés par le plongeur lors de son immersion. Les gaz expirés vont passer dans une cartouche de chaux sodée qui va fixer le gaz carbonique issu du métabolisme du plongeur, et permettre ensuite, avec un ajout de gaz (nitrox, hélium et/ou O2 pur) minime, d'inhaler à nouveau un mélange gazeux parfaitement respirable.
L'intérêt d'un recycleur réside principalement dans le fait que les gaz expirés sont réutilisables ; ainsi il n'est plus nécessaire d'en emporter avec soit une grande réserve. Ceci présente naturellement d'autant plus d'intérêt que l'on va profond ou que l'on compte rester longtemps en immersion. En effet, dans certains cas le matériel que l'on a sur le dos peut devenir très lourd (2 x10 L, 2 x 12 L voire 2 x 20L). En utilisant un recycleur, on plonge dans une configuration assez légère.
L'autre avantage indéniable consiste en l'absence (ou du moins la quasi-absence) de bulles. Ceci intéresse tout particulièrement les passionnés de la faune marine et les photographes, car ils peuvent ainsi approcher les poissons sans les effrayer. Par ailleurs, l'utilisation d'un recycleur procure un réel confort ventilatoire lié à la faible perte de charge dans les tuyaux annelés.
Enfin, lors des premières utilisations du recycleur, le plongeur est surpris par une flottabilité parfaitement constante à l'expiration comme à l'inspiration. Il n?a plus la possibilité de compenser une légère erreur de lestage par un "poumon-ballast" comme dans le cas de l'utilisation d'un bloc classique. Il faut donc que, dès le départ, le plongeur ajuste son lestage.
Il peut cependant corriger son équilibrage au moyen de la bouée intégrée au recycleur.
Mais nul système n?est parfait, et il est important de repérer aussi les inconvénients. Ceux-ci résident surtout dans la complexité de la mise en ?uvre et de l?entretien. Par ailleurs, le coût peut aussi être considéré comme un frein à l?utilisation du recycleur.
Enfin le plongeur respire sur un circuit recyclé, et par conception même du système, il ne lui est plus possible de donner son embout à un autre plongeur en cas de difficulté (manque d'air du partenaire?). Ce point ne constitue cependant pas une réelle contrainte car la réglementation impose de pouvoir disposer d'une autre source de mélange pouvant débiter sur un détendeur de secours.
Un autre inconvénient est celui des difficultés de repérage du plongeur depuis la surface : avec un bon coup d??il on repère facilement les plongeurs « classiques » en immersion, en cherchant les bulles?ce qui n?est pas le cas si le plongeur immergé est équipé d?un recycleur.
La préparation d'un recycleur avant la plongée nécessite environ une petite demi-heure de travail. De même, après la plongée, toutes les pièces doivent être démontées et rincées. Cela prend, là aussi, plus de temps que de rincer un simple détendeur et un bloc classique.
L?entretien d?un recycleur demande donc une attention et une précision sans faille, car une erreur ou un oubli peut se solder par des conséquences gravissimes, comme les accidents en témoignent. Ce type de plongée est probablement appelé à se développer fortement dans les années à venir. La législation en matière d?organisation de la plongée en recycleur semi-fermé vient d?être assouplie.
Les prix des produits disponibles sur le marché français baissent tous les ans; ils commencent à devenir abordables, le véritable tournant étant proche, c?est à dire lorsque l?achat d?un recycleur représentera la somme équivalente à l?achat d?un ensemble bouteille - gilet - détendeur de haut de gamme, qu?il peut avantageusement remplacer. Certains fabricants sont en train de mener des études pour concevoir des produits spécifiquement élaborés pour la plongée loisir et non plus dérivés des appareils militaires ou industriels. L?encombrement réduit, la souplesse, la grande autonomie , l?absence de bulle devant le visage, et la quasi absence de bulles tout court, le design, la nouveauté et l?engouement pour les « belles machines » devraient faire le reste.
? La randonnée subaquatique
C?est probablement le plus grand espace de développement et un des enjeux majeurs du futur. Aujourd?hui, les «snorkelers» sont réduits à des plongeurs en attente de pratique, des conjoints à occuper, ou des futurs plongeurs en scaphandre que l?on appâte avec cette activité.
Malgré cela, ce secteur se développe doucement.
Si les centres de plongée prennent conscience du fabuleux potentiel de ce marché qui peut toucher les 800.000 adeptes de la nage en PMT que cette étude ne traite pas de manière spécifique, mais aussi plusieurs millions d?autres personnes, ils découvriront une nouvelle forme de rentabilité. Cette activité est moins onéreuse à mettre en ?uvre, plus facile à encadrer et nécessite beaucoup moins de formation préalable. Les coûts de production diminuant, la prestation peut être vendue moins cher que la plongée en scaphandre, tout en produisant un ratio de marge nette plus important.
Les futurs randonneurs subaquatiques peuvent être attirés par une activité de pleine nature, environnementale, sportive toute en douceur, peu technique et se prendre de passion pour cette pratique, sans jamais enchaîner sur la plongée en scaphandre.
Bien sûr, il faudra accompagner cette évolution par des approches pédagogiques et d?animation spécifiques, un aménagement des espaces subaquatiques et une gestion différente des parcs d?équipements individuels. Le développement actuel des sentiers subaquatiques annonce les prémices de cette évolution dans les pratiques de la plongée de loisirs, sous réserve que la randonnée subaquatique soit traitée comme une activité à part entière.
? La plongée trimix
L?air que nous respirons en plongée est un mélange de 20,946 % d?oxygène, 78,084 % d?azote, 0,033 % de gaz carbonique, 0,934 % d?argon, 0,003 % de gaz rares (hélium?), soit, en simplifiant : 21% d?oxygène (O2 ) et 79 % d?azote (N2). Pendant ce temps, un trimix est un mélange ternaire qui est composé d?oxygène (O2) d?azote (N2) et d?hélium (He).
Par exemple, un trimix composé de : 18% d?O2, 42% d?N2, et 40% d?He est noté : 18 / 42 / 40, et l?identification des mélanges se fera toujours dans cet ordre.
Ces pourcentages sont établis en tenant compte de la profondeur maximale d?utilisation que les anglophones appellent MOD, pour Maximum Operating Depth. (Il est bon de noter que la notation américaine des mélanges ne mentionne que l?oxygène et l?hélium, l?azote étant déduit par soustraction ; on parle parfois de notation « mer du nord ». Ainsi, le même mélange que nous indiquons 18/42/40 sera noté 18/40 par les Américains).
Légalement, la plongée de loisirs dans les établissements d?APS, pratiquée à l?air, est limitée à la profondeur de 60 mètres. L?expérience nous prouve que cette limite est parfaitement fondée.
Rappelons brièvement les facteurs limitatifs de la plongée à l?air :
? La narcose à l?azote peut apparaître au-delà de 40 mètres, provoquant une diminution des capacités intellectuelles et physiques. Le mécanisme de cette toxicité n?a pas encore été élucidé. Cependant, le facteur à retenir dans le caractère narcotique d?un gaz neutre serait sa solubilité plus ou moins élevée dans l?eau et dans les graisses, facteur qui déterminerait l?action du gaz considéré sur les tissus nerveux. On a constaté, en effet, que l?action narcotique des gaz neutres, comparable à celle des anesthésiques, était proportionnelle à leur solubilité dans les graisses (en fait, à leur « coefficient de partage » : rapport entre la solubilité dans les graisses et la solubilité dans l?eau)
? Le risque d?essoufflement est dû entre autres à la densité de l?air respiré.
? L?hyperoxie : l?oxygène devient toxique lorsqu?il est respiré à des pressions supérieures à 0,16 MPa (1,6 bar), correspondant à une profondeur de 6 mètres. C?est ce qu?on appelle «l?effet Paul Bert» qui menace le plongeur au-delà de 60 mètres.
? L?hypoxie : la pression partielle minimale retenue pour les risques d?hypoxie est de 0,17 bar.
Aujourd?hui, des plongeurs souhaitent s?aventurer au-delà de ces limites, voire dans la zone à trois chiffres? La sécurité en plongée profonde impose donc d?utiliser un mélange de gaz autre que l?air. Les mélanges binaires à deux composants comme l?héliox (hélium et oxygène) sont utilisés essentiellement en plongée professionnelle. En outre le prix élevé de l?hélium fait préférer les mélanges à trois composants.
Si nous remplacions l?azote contenu dans 1 litre d?air par la même quantité d?hélium, la masse de ce mélange serait de 0,420 grammes, environ trois fois moins. Ceci présente l?avantage de diminuer très notablement les efforts respiratoires, à l?origine de la plupart des essoufflements. Par exemple, un mélange ternaire oxygène/azote/hélium à 90 m contenant seulement 42% d?azote a le même pouvoir narcotique que de l?air à 43m, on dit qu?il a une profondeur équivalente à l?air de 43m. Un héliox (oxygène/hélium) dans les mêmes conditions peut avoir une profondeur équivalente de 17 m seulement.
Passés les effets de la nouveauté, et la certification des moniteurs qui souhaitent acquérir une compétence supplémentaire sur leur curriculum vitae, le trimix n?est probablement pas promis à un développement exceptionnel en volume d?activités. Très technique, coûteux, élitiste par ses exigences physiques et psychologiques, spécifique de la plongée très profonde, le trimix devrait trouver sa place dans le grand marché de la plongée, mais rester relativement confidentiel.
1.1.5.2 - Les plongeurs français potentiels
Globalement, le nombre de plongeurs français est actuellement encore en constante augmentation, même si le nombre de licenciés fédéraux a tendance à stagner, voir à légèrement diminuer, pendant que les acteurs professionnels et les pratiques «hors structure» enregistrent de fortes progressions.
Cette dernière tendance est à l?image des évolutions récentes des pratiques sportives françaises. Ainsi dans une enquête nationale publiée en 2001, il apparaissait que sur les 36 millions de pratiquants sportifs français recensés, seuls 15 millions (44 %) étaient licenciés dans un club affilié à une fédération ; cette proportion était encore plus réduite chez les pratiquants réguliers (10 millions de licenciés sur les 26 millions recensés, soit 38 %).
Dans les pratiques de pleine nature, 63% des pratiquants revendiquaient une pratique libre, en dehors de toute structure. Dans une activité aussi technique et contraignante que la plongée, il est probable que cette tendance s?exprime sous la forme d?un compromis : ces plongeurs ne se licencient pas dans une association, mais, pour une portion d?entre eux, décident de consommer des prestations de services ponctuelles offertes et encadrées par des professionnels ou des voyagistes.
Pour d?autres, notamment dans l?intérieur des terres, les clubs fédéraux représentent une alternative intéressante pour se former, avant d?aller pratiquer de manière plus sporadique dans diverses structures de bord de mer, ou avec leurs propres moyens. Cette orientation peut expliquer, au moins en partie, le fort taux de renouvellement annuel (30 %) des licenciés fédéraux.
Par ailleurs, plusieurs études de marché de diverses origines démontrent le fort potentiel de plongeurs français. Ainsi, pour PADI Europe, la France est un des marchés les plus prometteurs, même si la réglementation française actuelle empêche la mise en application directe et exclusive de ses standards spécifiques. Le taux de pénétration de cet organisme en France, basé sur la délivrance des brevets, est un des plus faibles d?Europe (1,32/10.000) malgré un pouvoir d?achat individuel beaucoup plus élevé que celui de ses voisins méditerranéens, qui eux, présentent des taux de pénétration bien supérieurs (7,61/10.000 en Italie et 9,64/10.000 en Espagne).
Sur la base des derniers recensements de population, la frange de plongeurs français et étrangers pratiquant sur notre territoire et recensés dans cette étude, représenterait environ 0,7 % de l?ensemble des personnes de 15 ans et plus.
D?après l?enquête de l?AFIT en 1997, le nombre de «non plongeurs ouverts» en France serait de 16 % de cette même population, donc environ 7,5 millions de personnes actuellement. Parmi ces « non plongeurs ouverts », 4 % auraient déclaré avoir «très enviede s?initier à la plongée», soit environ 1,9 millions de nouveaux plongeurs potentiels en 2005.
Par ailleurs, le potentiel de développement du nombre de plongeurs passe également par l?élargissement de la cible, et la prise en compte des attentes de certains publics particuliers, et notamment les femmes, les jeunes plongeurs et les plongeurs seniors.
? Les plongeuses
Avec ses 30 % de femmes (102.000), ce qui est finalement assez peu en comparaison des 48% de femmes pour l?ensemble des pratiques, la plongée peut se développer dans ce secteur. Ilfaut rappeler que les femmes constituent 51,5 % de la population, soit près de 30 millions de personnes, dont 70 % (21 millions) affirment pratiquer une activité sportive, avec une forte tendance aux activités de pleine nature.
Aujourd?hui, seulement 0,48 % d?entre elles pratiquent la plongée. Pour toucher ce public, il faudrait améliorer les conditions d?accueil, avec notamment la présence systématique de vestiaires et de toilettes à terre, comme de toilettes sur les bateaux, mais aussi des équipements adaptés à leur morphologie spécifique (vêtement, gilet, etc.) et modifier l?ambiance générale encore très machiste. Ce type de développement pourrait permettre de capter une clientèle de couples qui souhaitent pratiquer ensemble.
? Les jeunes plongeurs
Aucun texte réglementaire ne fixe un âge minimum pour commencer la pratique de la plongée subaquatique en scaphandre. Toutefois la commission médicale de la fédération délégataire recommande de ne pas commencer à plonger avant huit ans.
Avec 21 % de plongeurs de moins de 20 ans (71.400), la plongée est une des activités sportives les moins pratiquées par ce public particulier, surtout dans les tranches d?âge les plus basses. Certaines activités comme le basket, le hand-ball ou les sport de combat, oscillent entre 50 à 70 % de jeunes de moins de 16 ans dans leurs effectifs (12 % en plongée). En effet, si l?on compare ces chiffres à la population de 15 millions de personnes de moins de 20 ans recensées en France en 2002, la population de plongeurs dans cette catégorie d?âge serait de seulement 0,5 %, ce qui laisse une marge de progression intéressante. Pour sensibiliser cette population, il faudrait d?abord modifier l?image de dangerosité de la plongée afin de convaincre les parents, puis continuer à développer une véritable approche spécifique au lieu de se contenter souvent d?une plongée en miniature.
Le coût de la pratique n?est pas nécessairement un obstacle, comparativement à d?autres pratiques sportives de jeunes financées par les parents. Souvent les politiques des communes et des clubs contribuent à rendre la plongée financièrement accessible pour les jeunes.
Des produits pédagogiques spécifiquement construits pour ce public, des équipements adaptés à la morphologie (embouts, masques, gilets, blocs, vêtements ?), des approches plus ludiques et une organisation simplifiée pour permettre une mise en ?uvre rapide seraient de nature à favoriser le développement de ce secteur. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, l?impact de la fidélisation des enfants, sur la pratique des parents, et inversement, les freins constitués par la divergence des pratiques au sein d?une même famille, les parents sacrifiant souvent leurs propres loisirs pour satisfaire ceux de leurs enfants.
? Les plongeurs seniors
Avec seulement 2 % de plongeurs de plus de 60 ans (6.800), la plongée ne traite qu?une infime partie du potentiel de retraités qui ne cesse d?augmenter, favorisé par l?augmentation de l?espérance de vie (82,9 ans chez les femmes ; 75,6 ans chez les hommes). Actuellement, 12 millions de français ont plus de 60 ans ; ils seront 23 millions en 2050, même si l?effet de la tranche d?âge des « baby-boomers » sera certainement conjoncturel.
En meilleure condition physique après 60 ans, disposant de revenus suffisants pour assouvir leurs passions, les seniors revendiquent de continuer à pratiquer des activités sportives (30 % des 65-75 ans), surtout celles de pleine nature sans compétition, et consacrent environ 7 % de leur budget à leurs loisirs. L?adaptation des pratiques aux contraintes et particularités de cette population, mais aussi à leur rythme de vie et leurs aspirations, serait de nature à développer le nombre de plongeurs de manière conséquente.
Au plan réglementaire, il n?existe d?ailleurs pas de limite d?âge supérieur, l?examen médical satisfaisant permettant d?établir l?aptitude à la pratique, quel que soit l?âge atteint.
Il est donc possible de considérer que le développement du nombre de pratiquants en plongée n?est pas terminé, et va continuer si les structures d?accueil sont capables de s?adapter à ces évolutions, et que les acteurs de la plongée parviennent à adopter de véritables synergies de développement et de
promotion.
1.1.5.3 - Analyse des résistances à la pratique de la plongée en France
Il est possible d?envisager les résistances sous deux angles, celui des plongeurs, qui met en avant des difficultés qui empêchent de débuter l?activité, ou provoquent l?arrêt ; puis celui des centres qui met en évidence des freins à la mise en place de la meilleure prestation de services en plongée.
? La faiblesse de l?information du grand public
En se centrant exclusivement sur son propre public, le secteur de la plongée risque d?épuiser ses ressources et de se retrouver en difficulté. Le décalage entre la population potentielle et le nombre de plongeurs réels, pourrait en partie être comblé par des démarches d?information tout public. Ainsi, les prestations de plongée devraient être mieux proposées dans les lieux classiques d?information touristique (résidences, hôtels, mairies, office du tourisme ?) mais aussi sur les lieux d?autres pratiques sportives (piscines, salles de sport, gymnases ?), dans les agences de voyages généralistes, les magasins de sport, les écoles, les institutions.
Il serait également nécessaire de cibler les médias généralistes, mais aussi les évènementiels qui drainent le plus grand nombre de non-plongeurs, comme le Salon des Loisirs et des Vacances.
? La complexité du contexte d?accueil
Les plongeurs l?expriment fréquemment : ils n?y comprennent rien ! Entre la FFESSM, la FSGT, l?ANMP et le SNMP, les uns délivrant des brevets, les autres des attestations de qualifications ; et puis, il y a PADI, SSI et les autres qui existent mais sans exister vraiment ?
Il faut cependant ajouter qu?à l?étranger ce n?est pas mieux, notamment en Europe, où le paysage est complètement éclaté (une soixantaine d?organismes de certifications différentes en Allemagne !).
Il y a par ailleurs les associations et les professionnels, mais dans les fédérations, il y a des professionnels agréés, ailleurs, d?autres qui ne le sont pas? L?ANMP a des moniteurs qui travaillent aussi pour la fédération?
Ici, ce sont des associations qui font du commerce. Là-bas, ce sont des professionnels qui se comportent en amateurs?
A un endroit, le plongeur se forme, ailleurs on refuse de reconnaître ses prérogatives. Les niveaux 1 de plongeur sont identiques, mais pour les uns tout se passe en piscine, pour les autres, ce sera à la mer, et entre les deux, il y a les adeptes de la fosse ?
Ce méli-mélo, pour un non-plongeur, se solde souvent par un abandon de l?activité et un transfert vers une autre, mieux structurée ou plus simple à appréhender. Si les organismes responsables veulent développer la plongée, il est sans doute nécessaire qu?ils acceptent de travailler en commun, et plus chacun dans son coin, en franc tireur, afin de simplifier l?organisation générale de l?activité.
? Un environnement de la plongée parfois insatisfaisant
Les plongeurs se plaignent souvent de divers désagréments qui les perturbent actuellement dans la plongée, en matière d?organisation. Sont ainsi cités : l?absence ou le piteux état des vestiaires ; les retards dans les départs et retours de bateaux ; les changements d?organisation sans prévenir ; le manque de chaleur et de communication avant et après la plongée ; l?état des équipements ; le « mauvais goût » de l?air ; l?impression de désorganisation générale ; les sorties toujours sur les mêmes sites ; la faiblesse des informations sur le milieu vivant (notamment avant la plongée). Autant de petites choses pas vraiment difficiles à modifier et qui pourraient contribuer à développer la plongée.
? Une image de la plongée parfois fausse
Beaucoup trop de non-plongeurs ont une fausse image de la plongée, parfois créée ou entretenue par les acteurs de l?activité eux-mêmes. Ainsi, il est courant d?entendre que la plongée est dangereuse, difficile, contraignante, réduite d?accès, réservée à une élite, pas à la portée de tous, très technique ?
Pour d?autres, la plongée ne se pratique que l?été, ou dans les mers chaudes, et uniquement dans d?énormes aquariums vivants comme la Mer Rouge. Au final, beaucoup de non- plongeurs ont peur de cette activité et considèrent le milieu sous-marin comme hostile et étranger. Il y a fort à faire pour modifier cette image collective qui trouve son origine dans des peurs ancestrales, mais s?explique aussi par un déficit de communication du secteur, voir des comportements qui entretiennent ces croyances.
? La concurrence de la vie familiale
Dès que le plongeur est en couple, a fortiori s?il a des enfants, et que ni les uns ni les autres ne plongent, la concurrence, même non souhaitée et inconsciente s?engage. Chaque plongée est vécue par le cercle familial comme une absence, prolongée par la « lourdeur » temporelle de l?activité (difficile de s?échapper une heure pour plonger).
C?est déjà vrai pour les soirées et le week-end, mais cela se complique encore pour les vacances. Choisir une destination plongée ou pas ? S?y rendre seul ou en famille ? Une partie des réponses à ces questions pourrait être trouvée, si les centres de plongée envisageaient de proposer des activités plus diversifiées ; que ce soit au sein de la plongée (apnée, randonnée subaquatique ?), d?autres activités nautiques (voile, planche, kayak ?) ou bien des activités
complètement différentes, mais localement aisées à mettre en ?uvre (randonnée pédestre, moyenne-montagne, escalade, VTT, tennis, golf ?).
Ces pratiques peuvent être organisées par le centre lui même, ou bien sous-traitées avec des réceptifs locaux.
? Le prix de la plongée
Il pourrait être perçu comme un frein. Mais en réalité, lorsqu?il est considéré comme tel par le client, il peut y avoir deux raisons différentes expliquant cette même perception.
S?il s?agit d?une personne de faible revenu, effectivement le prix moyen de la plongée est trop élevé, surtout en structure professionnelle ; mais les véritables associations devraient pouvoir apporter une réponse adaptée, avec une plongée basée sur la mise en commun de moyens, les aides et les subventions, qui permettent de proposer un coût modéré.
Soit il s?agit d?une personne d?un niveau de vie plus élevé, et c?est un problème d?image du produit. Cette personne considère que le produit est trop cher car elle n?en comprend pas bien le prix. Ce produit n?a peut être pas le niveau de qualité escompté et cette personne a été habituée à payer un prix modique pour la prestation de plongée, du fait de l?existence préalable du système associatif en France, avant l?émergence de l?organisation professionnelle et commerciale.
Pour les structures professionnelles, le problème du prix à payer se pose de façon plus problématique face aux clients déjà plongeurs qu?aux débutants, ceux-ci n?étant pas encore accoutumés aux tarifications pratiquées dans les structures associatives.
La même personne qui rechignera à payer son baptême de plongée au tarif actuel, n?hésitera pas à payer deux ou trois plus cher son baptême en parapente, en deltaplane ou cinq fois plus cher le saut en parachute.
1.2 QUI SONT LES PLONGEURS ETRANGERS EN FRANCE ?
La structuration de ce chapitre a été élaborée en actualisant les données apportées par l?enquête de l?AFIT de 1997 déjà citée et en les croisant avec une vingtaine d?avis de professionnels de la plongée sous-marine de loisirs, responsables de centres de plongée ou connaissant de près le fonctionnement d?un nombre important de structures du fait de leurs activités professionnelles ou syndicales.
1.2.1 Présentation générale des plongeurs étrangers en France
1.2.1.1 - Origine
Les plongeurs étrangers en France sont principalement issus des pays du nord de l?Europe, complétés par des Espagnols et des Italiens, davantage représentés respectivement dans le sud-ouest de la France pour les premiers, dans le sud-est et la Corse pour ces derniers.
Les principaux pays d?origine cités sont l?Allemagne (principalement l?ancienne Allemagne de l?ouest), les Pays-bas, la Belgique, l?Angleterre, les pays nordiques (Danois, Finlandais et Suédois), la Suisse, l?Autriche, l?Italie et l?Espagne. On signale également, de manière encore très occasionnelle des Russes, Tchèques et Hongrois.
L?enquête de l?AFIT évoque aussi les Etats-Unis d?Amérique. Elle classe dans l?ordre l?Allemagne, la Belgique, les Pays-bas et l?Angleterre (environ 65 % des plongeurs étrangers). Sans être réellement contradictoire, d?autres sources laissent penser que 50 % d?entre eux sont Allemands et Hollandais, Belges et Anglais constituant le second groupe. Il est toutefois possible qu?il y ait des variations significatives dans les destinations de plongée (cf. infra).
1.2.1.2 - Effectif et répartition
Un consensus semble s?établir pour considérer que la proportion de plongeurs étrangers en France est de l?ordre de 15 %, en moyenne, pourcentage pouvant parfois aller jusqu?à 20% dans certains centre, ce qui est important et ne peut en aucun cas être négligé par les professionnels de cette filière économique. Certains centres indiquent même : « le public étranger est indispensable à notre survie ».
En valeur absolue, dans la mesure où l?on retient l?estimation actuelle du nombre de plongées en bouteille effectuée en France par an actuellement à environ deux millions, sur la base de 5 plongées en moyenne par an et par plongeur (hypothèse basse), les plongeurs étrangers en France seraient alors environ 60.000. Les tour-opérateurs estiment, pour leur part, les plongeurs français à environ 400.000 personnes. Le croisement avec le chapitre 1.1 de cette étude permet de penser que cette estimation de 60.000 plongeurs étrangers est assez plausible. Quoi qu?il en soit, le pourcentage de 15% semble partagé par les experts consultés.
Les données de l?AFIT indiquaient une proportion de femmes dans ces plongeurs légèrement supérieure aux Françaises déclarant une pratique régulière (29 % au lieu de 25 %). La répartition par âge des plongeurs étrangers indique une extension assez homogène de l?âge de la pratique, comme en France, ce que confirment les experts interrogés.
La répartition des plongeurs étrangers en France semble être devenue progressivement plus homogène et plus harmonieusement répartie qu?antérieurement, malgré quelques spécificités liées aux populations frontalières (Espagnols et Italiens), ou à une tradition d?implantation de résidences secondaires, un peu plus marquée dans le sud-ouest pour les Anglais, et le sud-est pour les Allemands.
Toutefois certains centres méditerranéens signalent des modifications récentes par rapport à la moyenne des dix dernières années : l?arrivée de plus en plus de Slovènes, une augmentation des Italiens, mais une diminution des Allemands (majoritaires il y a dix ans) et des Anglais. Plusieurs explications peuvent être données pour la diminution du nombre de plongeurs allemands.
Les plongeurs allemands se renouvelleraient peu et seraient donc vieillissants ; certains estiment aussi que leur pouvoir d?achat aurait baissé avec l?arrivée de l?euro et la réunification Est-Ouest ; ils s?orienteraient alors davantage vers des destinations plus attractives et/ou moins coûteuses : la Croatie ou l?Egypte, par exemple. « La France faisait rêver les Allemands dans les années 1970, ce n?est plus le cas maintenant ».
S?agissant des centres atlantiques (Bretagne, notamment), certains centres signalent l?augmentation du nombre de plongeurs Belges, qui y acquièrent des résidences secondaires, en augmentation ces dernières années.
1.2.1.3 - Catégorie socio-professionnelle
Les données de l?AFIT caractérisaient en 1997 les plongeurs étrangers comme issus en général d?une catégorie socio-professionnelle plus élevée que la moyenne des plongeurs français (57 % de cadres chez les plongeurs, et 72% de cadre comme chef de famille).
Cela ne semble plus être aussi vrai maintenant, au dire des experts interrogés, ce que confirmerait le recours plus fréquent à des formules d?hébergement plus modestes.
Des différences peuvent être faites pour le plongeur étranger individuel ou en groupe. Pour le plongeur individuel, la catégorie socio-professionnelle (CSP) est en moyenne légèrement supérieure à la moyenne française, même si elle a tendance à se rapprocher de la moyenne française.
Mais la CSP du plongeur étranger qui vient en groupe à baissé par rapport au plongeur individuel. En effet certains centres (notamment méditerranéens) signalent la difficulté de plus en plus grande à faire venir des groupes étrangers, du fait des tarifs d?hébergement et de restauration, qui ne sont plus suffisamment compétitifs du fait de la flambée progressive des prix de l?hôtellerie.
1.2.1.4 - Moyens consacrés à la pratique
Bien que la tendance soit plutôt à un rapprochement des CSP des plongeurs français et étrangers en France, les moyens financiers du plongeur étranger en France seraient encore supérieurs ou légèrement supérieurs. A titre illustratif, en 1997, il disposait d?un ordinateur de plongée plus fréquemment que les plongeurs « réguliers » français (qui déclarent 6 à 20 plongées par an). Toutefois cette différence s?efface de plus en plus actuellement.
Les plongeurs étrangers auraient encore plus fréquemment recours à des hébergements en hôtels de catégorie supérieure que les français, mais cela ne devient plus vrai dans certaines zones géographiques.
Bien que les chiffres disponibles datent un peu, les plongeurs étrangers en France semblent consacrer à la plongée, hors hébergement et transport, près du double de ce que consacrent les plongeurs «réguliers» français, et se rapprochent ainsi sensiblement des plongeurs « intensifs » français (plus de 20 plongées par an).
Par Michel CHAUVEAU
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Publié dans : greps
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