Vendredi 14 juillet 2006
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ETUDE SOCIO-ECONOMIQUE RELATIVE A LA PLONGEE SUBAQUATIQUE EN 2004/2005
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MINISTÈRE DE LA JEUNESSE, DES SPORTS ET DE LA VIE ASSOCIATIVE
Section Permanente du Comité Consultatif de l’Enseignement de la Plongée Subaquatique Délégation à l’Emploi et aux Formations Sous la coordination de Michel CHAUVEAU, Inspecteur Principal, coordonnateur des brevets d’Etat « plongée » Décembre 2005 PREFACE
Les diplômes qui structurent actuellement la filière professionnelle de l’encadrement de la plongée subaquatique de loisir sont les brevets d’Etat d’éducateur sportif (BEES) à trois degrés, option plongée subaquatique. Ils sont la suite de diplômes antérieurs, créés à partir de 1957, la France ayant été le premier pays au monde à le faire. Dans la plongée, ces brevets d’Etat à trois degrés ont été mis en place effectivement à partir de 1976. Cette filière a
maintenant une trentaine d’année.
Cela pourrait suffire à expliquer la nécessité de « rénover » maintenant cette filière, pour l’adapter aux besoins actuels et tenter d’y intégrer les principales évolutions envisageables à court et moyen termes.
En effet, le moins que l’on puisse dire est que la plongée sous-marine a bien changé en trente ans, que ce soit :
- en nombre de pratiquants (55 000 plongeurs licenciés à la fédération française d’études et de sports sous-marin (FFESSM) en 1975, environ 340 000 pratiquants en 2004, dont 150 000 licenciés),
- en nombre de clubs (actuellement plus de 2 000, en augmentation),
- en nombre de structures ayant une activité commerciale (environ 350 en métropole ; elles « émergeaient » en 1975),
- en évolution des matériels, en confort et sécurité,
- en orientation vers une pratique de loisir accessible à toutes et tous, etc.
Autre fait marquant, le plongeur est devenu un plongeur-voyageur. Une partie significative d’entre eux, 30 000 selon les voyagistes (ou « Tour-opérateurs ») va pratiquer son activité à l’étranger, principalement dans les mers chaudes (Mer-Rouge, Antilles, Océan Indien …), certains allant même s’y former et s’y qualifier. Ce phénomène s’est surtout développé à partir des années 1980.
Parallèlement se sont créées dans le monde, surtout aux Etats-Unis, des agences commerciales de formation de plongeur et de moniteurs, qui se sont implantées avec succès dans de très nombreux pays.
Le marché de l’emploi de la plongée subaquatique est donc devenu un marché mondial, d’autant plus que, pour des raisons climatiques, l’emploi permanent n’est pas majoritaire en France métropolitaine. Nombre des moniteurs qui s’y forment vont travailler à l’étranger, de manière occasionnelle ou permanente. ,Il n’en demeure pas moins que la France demeure aussi une « destination plongée » très intéressante et variée. Selon les zones géographiques, elle accueille 5 à 15 % de plongeurs étrangers.
Il y a trente ans, quand le brevet d’Etat à trois degrés option plongée subaquatique a été mis ,en place, la représentation du métier, le « référentiel professionnel », comme on dirait ,maintenant, était encore assez floue, faute d’existence suffisante de cette réalité professionnelle, et de structures représentatives des partenaires sociaux, représentants des employeurs et des employés. Le premier syndicat de moniteur s’est créé justement à cette période (SNMP, syndicat national des moniteurs de plongée). Il sera suivi, quelques années après, par la création d’un second syndicat, l’association nationale des moniteurs de plongée (ANMP). Au début des années 2000 s’est créé le premier syndicat d’employeur, le syndicat national des employeurs de la plongée loisir (SNEPL).
En 1975, marqué par les orientations pédagogiques tant du ministère chargé des sports que de la fédération délégataire, la FFESSM, le BEES 1er degré était un formateur, le BEES 2 ème degré, un formateur de formateur. La FSGT (fédération sportive et gymnique du travail), fédération affinitaire multisports s’inspirait des mêmes modèles pédagogiques pour la structuration de ses diplômes de moniteurs.
C’était nécessaire, mais le bagage de formation de ces moniteurs est devenu insuffisant quand leur activité professionnelle les a rendus responsables de structures commerciales, avec un budget à établir et gérer, beaucoup de matériel coûteux à acquérir, entretenir et amortir, une politique de communication et d’accueil de clientèle à assurer, des employés à recruter et manager, etc.
Dans ce contexte, il était donc normal que ces acteurs de la plongée, partenaires sociaux mais aussi la fédération délégataire, qui est également employeuse, fassent des propositions au ministère chargé des sports des propositions pour mieux adapter cette filière professionnelle aux évolutions constatées et aux perspectives d’avenir. Le principe de cette rénovation était ,acquis, depuis quelques années, mais sur quelles bases précises ?
En effet, dans ces domaines sportifs largement fondés sur l’activité bénévole, les études statistiques régulières et exhaustives manquent cruellement, les responsables consacrant l’essentiel de leur énergie au développement de leur activité, ce qui est compréhensible. Quand ces domaines ont des aspects commerciaux, les données chiffrées manquent souvent encore davantage, parce que ceux qui les détiennent considèrent que ce n’est pas dans leur intérêt de les rendre publiques. Le seul document existant sur ces registres est une enquête menée en 1997, donc déjà un peu ancienne, par l’Agence Française d’Ingénierie Touristique (AFIT). Néanmoins, sur certains points, ou pour certaines rubriques, les acteurs de la plongée considèrent ses résultats discutables, notamment pour ce qui est de l’effectif du panel de personnes interrogées.
Il n’était pas raisonnable d’engager une réforme de cette filière professionnelle sans un « état des lieux » suffisant. La plongée subaquatique a l’avantage de disposer, depuis 1965, d’un comité consultatif réunissant un nombre important d’acteurs français, tant publics que privés. Depuis 1996 s’est constitué au sein de ce comité consultatif une section permanente, qui centre son travail sur le développement de la formation de la plongée de loisir. Elle réunit les structures déjà citées, et l’UCPA (union des centres de plein air), qui est un acteur important du développement de la plongée en France, et un employeur de moniteurs. Le secrétariat de cette section permanente est assurée les services du ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative (MJSVA) implantés en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, la direction régionale et le site d’Antibes du CREPS PACA, centre de ressources en la matière.
Michel CHAUVEAU, inspecteur principal, coordonnateur de la plongée subaquatique au ministère de la jeunesse, des sports et de la vie associative (MJSVA) a proposé à cette section permanente, en juin 2004, de réaliser un « diagnostic partagé » et actualisé de la plongée subaquatique et de ses tendances, à partir du « regard croisé des experts » constituant cette section permanente.
L’adhésion a été immédiate, le travail s’est réparti aisément sur un plan débattu collectivement, et, malgré la lourdeur de la tâche, les contributions ont été rassemblées en quelques mois. Il s’en est suivi un travail de mise en forme homogène, et une appropriation collective du document, qui vient de se terminer.
Je tiens à exprimer à la section permanente et à son groupe de travail ma profonde gratitude pour cette réalisation. Connaissant les contraintes personnelles et professionnelles des uns et des autres, je mesure la forte implication qui a été nécessaire. Je remercie également à cette occasion les nombreux acteurs du milieu de la plongée, moniteurs, employeurs, formateurs, fabricants, vendeurs, voyagistes, journalistes, etc., qui ont bien voulu répondre aux enquêtes menées par ce groupe de travail.
Malgré les qualités intrinsèques de ce travail, il ne faut pas se méprendre sur sa portée. Il ne s’agit en aucune manière d’une étude universitaire présentant des qualités d’exhaustivité, de rigueur et de fondements statistiques incontestables. Le groupe de travail n’avait pas les moyens de s’offrir cet appui, dans les délais qui étaient les siens. Mais rien n’empêche, si d’autres spécialistes s’intéressent à ce sujet, qu’ils reprennent et améliorent ce travail. Je n’y verrai que des avantages, et le MJSVA est prêt à leur apporter son concours.
Il ne faudra donc pas s’émouvoir outre mesure de la relative imprécision de certaines données.
Comme le disait Enstein, « tout ce qui est utile n’est pas nécessairement mesurable, tout ce qui est mesurable n’est pas nécessairement utile ». La méthodologie de ce travail ne prétend pas être scientifique. S’il fallait faire une analogie, elle serait plutôt de type médical, c’est un « diagnostic », mélange de connaissances avérées acquises progressivement et antérieurement, d’hypothèses et d’intuitions.
Cette méthode est fondée sur le « regard croisé des experts ». On peut faire l’hypothèse qu’il est plus crédible que celui de « monsieur tout le monde », car ces experts disposent de l’expérience et de la distance nécessaire. Il n’est pas pour autant unanime, et c’est normal. Cela s’observe aussi en médecine. Bien que réalisées et publiées à l’initiative du MJSVA, les chiffres et données présentées ne constituent en aucune manière des éléments validés par ses soins. Ce sont ceux sur lesquels s’entendent en général les membres du groupe de travail.
Pour l’essentiel « partagé », ce diagnostic n’est néanmoins pas fondé sur une « pensée unique », et, sur certains points il est fait mention de différences d’approches. L’objectif, faut-il le rappeler, était de faire un état des lieux du développement actuel et futur de la subaquatique suffisamment fondé et partagé pour s’entendre sur les principaux axes permettant d’améliorer sensiblement une nouvelle filière professionnelle. Je considère que cet objectif est atteint et les travaux de rénovation sont déjà largement engagés sur ces bases.
Dans la mesure où l’objectif du travail est de tenter d’améliorer ce qui contribue au développement de la pratique, notamment son encadrement, il est logique et nécessaire que l’analyse soit critique. A cet égard, cette étude peut parfois donner l’impression d’un tableau un peu sombre de la réalité, voire trop sombre. Cela a fait l’objet de débats internes, certains membres du comité de rédaction estimant, sans doute à juste titre, que la réalité ne correspondait pas à l’image que certains en donnaient, comme les difficultés, réelles ou supposées, de plonger en France pour un plongeur étranger, par exemple. Mais sans doute est-il utile qu’il y ait débat sur ces sujets, pour progresser. La forme du document pourra ainsi parfois surprendre le lecteur. C’est un travail juxtaposant des contributions individuelles, ce qui peut amener parfois à certaines redondances, mais c’est aussi un travail collectif, approprié par le groupe. Dans ces conditions, même s’il y a de larges convergences de vues sur la plupart des sujets, il n’y a pas unanimité sur tous, et le texte n’hésite pas à le mentionner.
Par ailleurs ce type de document semble être actuellement encore le seul de son genre. Avec ces réserves méthodologiques, il a paru opportun au groupe de travail de le publier, pour l’information de toutes celles et ceux qui s’intéressent à la pratique et au développement de la plongée subaquatique de loisir, et par reconnaissance pour les nombreuses personnes qui ont bien voulu faire bénéficier le groupe de travail de ses connaissances et expériences.
J’espère donc que ce document sera utile au développement de cette activité sportive, de nature et de loisir, et je remercie une nouvelle fois tous ceux qui y ont contribué.
Hervé SAVY
Délégué à l’Emploi et aux
Formations
MJSVA
Ont contribué à la réalisation de cette étude :
• Gérar ALTMAN (ANMP)
• Jean-Louis BLANCHARD (FFESSM)
• Patricia BRETON (MJSVA)
• Jean-Marc BRONER (FFESSM)
• René CAVALLO (DTN / FFESSM)
• Michel CHAUVEAU(MJSVA)
• Alain DELMAS (ANMP / FFESSM)
• Dominique DERAME (SNEPL)
• Christian FOUCRAS (SNMP)
• Valérie HOUCHARD (ANMP)
• Alain PONTY(MJSVA)
• Xavier SENDRA (UCPA)
• Patrick THIERY (MJSVA)
• Stéphane VINCENT (FSGT)
INTRODUCTION
Rappel historique
A ses débuts, la plongée française a été essentiellement une activité développée par des militaires et des industriels, notamment dans les périodes avant et après guerre (1939 - 1940). Ce développement a ensuite continué jusqu’aux plus belles heures de la plongée off-shore à vocation pétrolière, et des plongeurs au sein de corps constitués de l’armée française (années 80). Dans le même temps, quelques pionniers pratiquaient également la chasse sous-marine en apnée, et parfois la plongée en scaphandre, mais presque toujours dans un objectif de prédation (poissons, coquillages, amphores, vestiges d’épaves …).
A partir des années 50, la plongée sportive et de loisir a commencé à se développer, essentiellement sous l’influx du « tout associatif », avec notamment la création de la Fédération Française d’Etude et de Sports Sous-Marins (FFESSM) en 1955 qui a vu son nombre de clubs et de licenciés augmenter de
façon constante et importante jusqu’en 1995.
Dans les années 40/50, une autre fédération, la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), proposait également des activités de plongée, mais ces activités cessent en 1955 (création de la FFESSM), pour réapparaître plus tard (1960) ; la plongée est toujours restée un peu confidentielle au sein de cette fédération multisports affinitaire.
Dans les années 60 à 70, l’offre a commencé à se diversifier avec les débuts du secteur professionnel ; c’est la création de deux organismes regroupant des moniteurs de plongée sous le statut de syndicat, en 1963 le Syndicat National des Moniteurs de Plongée (SNMP), puis, en 1972, l’Association Nationale des Moniteurs de Plongée (ANMP). A leurs débuts, les moniteurs professionnels continuent à promouvoir exclusivement les démarches fédérales. Par la suite, à compter de 1988 (SNMP), et de 1991 (ANMP), ces deux organismes développent leurs propres stratégies de formation et permettent à ceux de leurs moniteurs qui le souhaitent de devenir des acteurs indépendants de leur développement.
Dès 1965 est créé un Comité Consultatif de l’Enseignement de la Plongée Subaquatique (CCEP instance de réflexion auprès du secrétaire d’Etat en charge des sports, associant la fédération délégataire et les organisations professionnelles avec d’autres institutions de la plongée française. En 1986, cette instance est remplacée par le Comité Consultatif de l’Enseignement Sportif de la Plongée Subaquatique (CCESPS), un comité consultatif composé des mêmes membres de droit, complété par la FSGT et l’Union des Centres de Plein Air (UCPA) qui a développé un important secteur plongée au sein de ses activités de plein air.
En 1996, il est créée une section permanente du comité consultatif qui ne regroupe que les acteurs «loisir» (ANMP, FFESSM, FSGT, SNMP, UCPA), auxquels se joint, en 2000, un groupement d’employeurs du secteur, le Syndicat National des Entreprises de Plongée Loisirs (SNEPL). Cette section permanente est actuellement l’organe de réflexion et de consultation auprès du ministre en charge des sports.
A ses débuts, sous l’influence du secteur associatif, la plongée française a d’abord évolué vers une pratique de loisirs à dominante plus contemplative, mais en restant une activité axée sur l’encadrement bénévole et l’incitation à devenir encadrant, ce qui a conduit à exiger un haut niveau de technicité, même pour les plongeurs débutants.
Dans les années 80, en partie à cause de la multiplicité de l’offre (associative et professionnelle) mais ,aussi d’un engouement certain pour la plongée, le nombre des pratiquants a augmenté très fortement.
Dans le même temps, le nombre de magasins de plongée spécialisés augmente également. Certains observateurs attribuent ces phénomènes au seul effet « Grand Bleu», mais ils sont probablement plus complexes à analyser. Il est possible d’envisager les effets cumulés des circonstances économiques favorables, l’avènement des loisirs sportifs, la valorisation des activités de pleine nature, le développement du voyage-plongée, et surtout les avancées technologiques du matériel (manomètre, gilet, ordinateur, détendeur de secours « octopus » …).
Dans cette période et par la suite, un glissement s’est opéré vers des pratiques plus ludiques, moins exigeantes, accessibles à un plus large public. Même s’il subsiste aujourd’hui une composante technique assez marquée dans l’offre de formation, elle s’est atténuée, et plus de 67 % des plongeurs se contentent du premier niveau de pratique (niveau 1, ou N 1).
Par ailleurs, depuis le début des années 90, la plongée française a vu se développer différentes pratiques nouvelles. Les unes, en partie exportées des pratiques militaires ou industrielles (plongée avec matériel technique ou mélange respirable particulier : plongée « tek », au nitrox, au trimix, avec un recycleur, etc.), les autres très axées sur les concepts de balade, d’environnement, d’écologie et d’économie durable (randonnée subaquatique en apnée par exemple).
La spécificité française de la plongée s’exprime également au travers de deux particularités :
• Le contexte juridique, omniprésent depuis les années 1960, qui encadre les activités organisées en collectivité, en fixant notamment des niveaux de qualifications de plongeurs et de moniteurs, ainsi que des règles d’évolution et d’encadrement.
• Le concept de recherche d’une « autonomie partagée » qui bannit la plongée en solitaire, et permet au plongeur, en fonction de son niveau de qualification, d’évoluer avec un encadrant (guide de palanquée, ou en compagnie d’autres plongeurs de même niveau (« en autonomie »).
Ce concept n’est pas uniquement français, toutefois, et est assez largement généralisé, bien qu’on puisse observer actuellement sa remise en cause, aux Etats-Unis, à la suite d’accidents liés à des binômes de niveaux trop hétérogènes.
I - LA DEMANDE – Etat et tendances
1.1 QUI SONT LES PLONGEURS FRANÇAIS ? Evolutions
1.1.1 - La typologie des pratiques
Les pratiques actuelles en plongée de loisir peuvent se décliner en quatre familles :
1- Activités de plongée exploration en scaphandre : comprend les pratiques contemplatives dites « d’exploration » ou des activités dérivées (photographie, vidéo, biologie), en plongée à l’air ou au nitrox, en scaphandre ouvert ou recycleur semi-fermé.
2- Activités de plongée de loisir en apnée : comprend la pratique de la pêche sous-marine (hors compétition), la randonnée subaquatique, la promenade en surface avec palmes, masque et tuba (PMT), pouvant inclure de courtes incursions en apnée, sans but de prédation ni de compétition.
3- Activités compétitives en plongée : comprend des pratiques dans lesquelles des compétitions sont organisées, que ce soit en apnée (pêche sous-marine, hockey subaquatique, nage avec palmes, records d’apnée, tir sur cible), ou en scaphandre (orientation subaquatique, photographie, vidéo).
4- Activités de plongée particulière en scaphandre : comprend des pratiques utilisant la plongée comme un moyen d’atteindre un objectif particulier, et mettant en œuvre des techniques et/ou des matériels spécifiques, comme les facettes subaquatiques de la spéléologie, et de l’archéologie ou la plongée tek (héliox, trimix, recycleur fermé…).
Pour chacune de ces familles, il est possible de décliner des sous-familles sous la forme de secteurs d’activités :
• Pour les familles 1, 2 et 4 : il apparaît clairement le secteur de la formation, et celui de l’organisation des activités d’évolutions encadrées ou autonomes.
• Pour la famille 3, il apparaît les secteurs de l’apprentissage, de l’entraînement et de l’organisation des compétitions.
• Pour l’ensemble des familles, il est possible de repérer des pratiques en bassins (piscines et fosses), et d’autres en mer, ou en structures de plein air plus ou moins aménagées (lacs et carrières par ex.).
Les centres de plongée proposent tout ou partie de ces familles et secteurs, et peuvent parfois se spécialiser dans l’un, ou plusieurs d’entre eux. De même, la clientèle peut venir dans un centre pour chercher l’ensemble des activités d’une famille de pratiques, ou simplement demander l’un des secteurs d’une des familles, même si la structure propose l’ensemble (exemple fréquent : se former dans un centre et aller plonger en exploration dans un ou plusieurs autres). Dans cette étude, il a donc été choisi de ne pas différencier les sous-familles, d’autant que dans d’autres parties de l’étude, comme l’offre, ou la localisation géographique, ces paramètres apparaîtront.
1.1.2 - L’estimation du nombre de plongeurs français
1.1.2.1 - Estimation globale
En croisant plusieurs sources d’information, il est possible d’estimer annuellement à environ 340.000 le nombre des plongeurs de nationalité française qui pratiquent les diverses activités de la plongée de loisirs. Ces pratiquants seraient répartis selon la ventilation suivante :
• 47 % de licenciés fédéraux (160.000)
• 34 % de clients des moniteurs professionnels (115.000)
• 3 % de clients directs des voyagistes spécialisés en plongée (10.000)
• 16 % de pratiquants « hors structure » (55.000).
1.1.2.2 - Effectifs et répartition des plongeurs licenciés en 2004
Environ 160.000 plongeurs sont licenciés auprès des deux fédérations françaises habilitées ; ils se répartissent à 93 % au sein de la fédération délégataire, la FFESSM (150.000 licenciés), et 7 % au sein de la fédération multisports affinitaire FSGT (environ 10.000 plongeurs). Il est assez difficile d’avoir des données statistiques dans cette dernière fédération, car la licence permet de pratiquer de multiples activités.
A la FFESSM, les plongeurs licenciés se répartissent dans 2.210 structures (2.089 clubs associatifs et 121 structures commerciales agrées ou SCA). Environ 45 % des plongeurs fédéraux sont licenciés dans des régions de l’intérieur des terres (sans façade maritime), avec plus de 20 % en région Ile-de-France et Picardie.
Les licenciés maritimes se répartissent principalement à 25 % sur les seules côtes méditerranéennes,17 % sur la façade atlantique et 6 % dans les DOM-COM. A la FSGT, 73 clubs revendiquent de proposer la plongée dans le panel de leurs activités.
La FFESSM annonce un taux de renouvellement annuel d’environ 25 % de son effectif, qui peut s’expliquer, en partie, par le caractère formateur de ses activités (30 % environ des licenciés obtiennent un brevet en 2004). Une fois formés, ces plongeurs ne renouvelleraient pas leur adhésion à un club et iraient plonger dans une structure commerciale, à l’étranger, ou par leurs propres moyens.
1.1.2.3 - Evolution des plongeurs licenciés
Après avoir toujours été en augmentation progressive depuis environ 45 ans, les chiffres des licenciés fédéraux FFESSM peuvent être considérés comme stables en moyenne sur 5 ans (aux alentours de 152.000 licenciés), avec tout de même une légère érosion sur 10 ans (154.000 licenciés en 1995, et 150.000 en 2004). (Source : Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins – FFESSM)
Au niveau du nombre de structures, l’augmentation est nette sur 5 ans (+ 81 structures : 44 associatives et 41 SCA), ce qui peut laisser penser qu’il y a une relative érosion du nombre de pratiquants dans les structures existantes, compensée en valeur absolue de licenciés par la création d’un plus grand nombre de nouveaux clubs. Dans cette période, la répartition des licenciés sur les différentes régions est relativement stable, de même que la répartition géographique des clubs. Cette tendance est également perceptible à la FSGT, avec une augmentation des structures d’accueil - associatives de 30 % sur trois ans (2002 à 2004 : + 16 clubs), mais une diminution sensible sur la même période des brevets de plongeur délivrés (moins 15 % de brevets).
De 1985 à 1995, la FFESSM avait vécu une période de très forte progression (de 80.000 à 154.000 licenciés), pour atteindre son «pic historique» en 1998 (156.700 licenciés). Dans cette même période, les structures fédérales étaient certainement celles qui proposait l’offre principale de formation et de pratique, et peut-être le taux de renouvellement annuel était-il moins important.
En effet, le cursus de formation du SNMP a été créé en 1988, et celui de l’ANMP en 1991.
Depuis 1990, d’autres acteurs (essentiellement les organismes professionnels, mais aussi les voyagistes) sont présents au niveau de l’offre, avec une démarche résolument axée sur la pratique« tout public », ce qui a dû contribuer à diluer l’impact des fédérations sur l’ensemble du paysage de la plongée française.
1.1.2.4 - Effectifs et répartition des plongeurs non licenciés en 2004
Il est possible d’estimer à environ 180.000 le nombre de plongeurs réguliers non-licenciés, même s’ils ne peuvent pas être comptabilisés de manière aussi précise et détaillée que les licenciés fédéraux. Il se répartissent de la manière suivante :
• Les plongeurs spécifiques aux structures professionnelles non fédérales peuvent être estimés annuellement à environ 115.000.
• Les plongeurs non-licenciés qui pratiquent sous la responsabilité des moniteurs du principal syndicat professionnel, l’ANMP, étaient environ 100.000 en 2004.
• Ceux qui pratiquent exclusivement avec d’autres organismes professionnels peuvent être estimés à environ 15.000 plongeurs (6.500 pour le SNMP, 8.000 pour la Professionnal Association of Diving Instructors (PADI), organisme d’origine nord-américaine présent sur le marché français, comme Scuba Schools International (SSI), avec 500 plongeurs).
• Au niveau des voyages spécifiques plongée, il peut être estimé qu’un voyageur sur trois ne pratique que sur son lieu de séjour et n’est donc pas déjà comptabilisé dans un des organismes fédéral ou professionnel ; soit environ 10.000 plongeurs supplémentaires annuels en ajoutant les données fournies par les tour-opérateurs spécialisés en plongée, et celles des voyagistes classiques qui proposent des destinations propices à la pratique de la plongée.
• Les plongeurs véritablement « hors-structure » peuvent être estimés à environ 55.000 personnes. 15.000 doivent être des plongeurs formés durant les vingt cinq dernières années, tant par les fédérations que par les organismes professionnels, et qui continuent à pratiquer seuls, ou en cercle restreint, avec leur matériel personnel et leur propre support nautique. 5.000 doivent être des chasseurs sous-marins très occasionnels et ceux qui obtiennent un certificat directement auprès des autorités maritimes, sans être licenciés d’une fédération. 35.000 doivent être des pratiquants plus ou moins réguliers d’activités de promenade de surface ou d’apnée petite profondeur durant les périodes estivales, essentiellement avec du petit matériel (PMT) et sans activité de prédation.
1.1.2.5 - Evolution des plongeurs non licenciés
A l’inverse du secteur fédéral, le chiffre des plongeurs qui évoluent dans ce dispositif est en constante progression.
A l’ANMP (55 % de ces plongeurs), les estimations de chiffres sont en progression de plus de 40 % sur cinq ans (2000 à 2005). Cette progression est confirmée par l’ensemble des indicateurs collectés au sein de cet organisme (cotisations de moniteurs, assurances prof., délivrance diplômes, ventes de fournitures pédagogiques, enquêtes …). Chez les voyagistes, cette progression est également sensible.
1.1.2.6 - Les autres usagers du « palmes – masque – tuba » (PMT)
Dans cette étude n’ont pas été comptabilisés les adeptes de la nage d’entretien avec PMT en surface, en mer ou en piscine, qui pourraient venir se rajouter à ces effectifs. Mais il reste à prouver qu’il soit intéressant de les comptabiliser parmi les plongeurs. Ils pourraient être estimés à environ 800.000 personnes, sur la base du nombre total de « pack PMT » vendus en moyenne annuellement (près d’un million).
Si l’on ajoute ces « usagers de PMT » (800.000), aux plongeurs français (340.000) et aux plongeurs étrangers (60.000), il est possible de comptabiliser les pratiquants au sens le plus large à environ 1,2 millions de personnes par an.
1.1.3 - La formation du plongeur français
1.1.3.1 - Typologie des qualifications délivrées en France
La délivrance des qualifications de plongeur en France est soumise à quatre niveaux de contraintes fixées par le législateur, au travers des arrêtés spécifiques applicables aux établissements d’activité physique ou sportive (APS) qui accueillent des plongeurs :
• La possession d’un niveau de qualification reconnu par les textes est obligatoire pour pratiquer, en dehors des actions de baptêmes et d’évolutions encadrées en petite profondeur.
• Il est défini quatre niveaux de plongeurs à l’air, auxquels correspondent des prérogatives d’évolution et d’accès à l’autonomie partagée.
• D’autres qualifications de plongeurs aux mélanges doivent se rajouter à celles de plongeurs à l’air pour permettre d’accéder à ces pratiques particulières.
• Par principe réglementaire (depuis 1988), toutes ces qualifications de plongeurs doivent être délivrées exclusivement sous la tutelle d’un des organismes membres de droit du comité consultatif. Actuellement, seuls quatre de ces organismes ont structuré un cursus de formation et délivrent des qualifications : deux fédérations (FFESSM et FSGT) et deux syndicats (ANMP et SNMP). Les quatre niveaux de plongeur à l’air se répartissent comme suit :
Le niveau 1 de plongeur : évolution en exploration, en palanquée de 1 à 4 plongeurs de même niveau, encadrés par un guide de palanquée, dans la zone 0 à 20 m.
Le niveau 2 de plongeur : évolution en exploration, en palanquée de 1 à 4 plongeurs de même niveau, encadrés par un guide de palanquée, dans la zone 0 à 40 m, ou en autonomie partagée avec 1 ou 2 autres plongeurs de même niveau dans la zone de 0 à 20 mètres.
Le niveau 3 de plongeur : évolution en exploration en autonomie partagée avec 1 ou 2 autres plongeurs de même niveau dans la zone de 0 à 60 m, avec possibilité d’organiser sa propre immersion.
Le niveau 4 de plongeur : idem niveau 3, plus encadrement en exploration de palanquées composées de 1 à 4 plongeurs de niveau débutant, 1 ou 2, dans la zone 0 à 40 m, en qualité de guide de palanquée.
Chacun des organismes de formation habilités délivre ces quatre niveaux de plongeurs à l’air, qui ont les mêmes prérogatives. Les brevets délivrés par la Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques (CMAS), organisés sous la forme de brevets de 1 à 3 étoiles, sont également reconnus équivalents en termes de prérogatives d’évolution.
L’ANMP, pour internationaliser ses qualifications a créé en 1991 le European Cometee of Professionnal Diving Instructors (CEDIP) qui regroupe aujourd’hui les organisations professionnelles de 12 pays européens. Hors France, les certifications du réseau CEDIP sont reconnues dans le monde entier. Toutefois, les brevets de plongeurs de 1 à 3 étoiles délivrés par les membres du CEDIP autres que l’ANMP n’ont pas de reconnaissance juridique en France. La FFESSM, quant à elle, délivre directement ces cartes double-face FFESSM / CMAS, qui lui permettent immédiatement une internationalisation de ses brevets ; de plus, se développent à l’étranger des structures qui adhèrent directement à la FFESSM.
Par ailleurs, quatre organismes habilités français (FFESSM, FSGT, ANMP et SNMP) délivrent également des qualifications de plongeurs aux mélanges selon les principes établis par le texte correspondant ; deux niveaux de plongeur respirant du nitrox, et deux niveaux de plongeur respirant du trimix. Ils délivrent également des certificats de spécialisation portant sur divers thèmes, mais n’ayant aucune obligation réglementaire, ni cadre juridique (plongée épave, profonde, sous glace, recycleur …).
Des qualifications sont également délivrées en France sous la tutelle d’autres organismes, notamment anglo-saxons (PADI, SSI …), mais ces titres ne sont pas reconnus par l’arrêté du 22 juin 1998 ; ils se rajoutent la plupart du temps aux qualifications de plongeurs français, ou bien concernent des personnes qui ne vont plonger qu’à l’étranger, en zone d’influence nord-américaine. Ces titres sont difficiles à comparer aux niveaux français car les cursus ne sont pas organisés sur les mêmes principes (deux niveaux de plongeur et de nombreuses spécialisations). Cependant la plupart des organismes membres de la section permanente du comité consultatif de l’enseignement sportif de la plongée subaquatique ont développé des systèmes de passerelles (à ne pas confondre avec les systèmes d’équivalence) par accords bilatéraux avec certains des organismes anglo-saxons.
1.1.3.2 - Nombre de qualifications délivrées en France
Il faut dissocier les différents types de qualifications délivrées, en fonction de leur caractère légal ou pas. Au total, environ 70.000 qualifications de plongeurs sont délivrées en France tous les ans.
1.1.3.2.1 - Les qualifications de plongeurs à l’air en 2004
En 2004, 64.000 qualifications de plongeurs à l’air ont été délivrées en France. Elles se répartissent entre 59.000 qualifications françaises de niveaux 1 à 4 (93 %), et 5.000 brevets d’organismes étrangers présents en France (7 %).
Les 59.000 qualifications françaises ont été délivrées en majorité par la FFESSM (41.176, soit 69 %), puis par l’ANMP (17.627 soit 30 %) et la FSGT (213 soit 1 %).
La répartition moyenne par niveaux, tous organismes confondus, est ainsi établie :
• 67 % de niveaux 1 (N 1)
• 22 % de niveaux 2 (N 2)
• 8,5 % de niveaux 3 (N 3)
• 2,5 % de niveau 4 (N 4).
Cette répartition varie très sensiblement d’un organisme à un autre ; ainsi à la FFESSM, le ratio entre les 4 niveaux est de :
• 64 % N 1
• 24 % N 2
• 9 % N 3
• 3 % N 4.
Alors qu’à l’ANMP, il devient :
• 76 % N 1
• 17 % N 2
• 6 % N 3
• 1 % N 4.
Il apparaît que les niveaux de pratique sont mieux répartis dans le milieu fédéral, que chez les professionnels qui réalisent 93 % de leur chiffre d’affaires de formation avec les deux premiers niveaux de plongeur (au lieu de 88 % dans les fédérations). Cette tendance peut s’expliquer par l’incitation à devenir encadrant bénévole dans le secteur fédéral, alors que les professionnels qui cherchent à fidéliser leurs clients ne les incitent pas systématiquement à devenir autonomes en matière d’organisation de leur plongée.
Les 5.000 qualifications étrangères sont délivrées essentiellement selon les standards de PADI (4.680) et de SSI (250). La moitié environ sont des qualifications de plongeurs de premier et deuxième niveaux (36 % et 22 %), puis les autres concernent des compétences de plongeur-sauveteur (17 %), ou de guide de palanquée (25 %).
1.1.3.2.2 - Les évolutions des qualifications de plongeurs à l’air
En moyenne, sur 5 ans, de 2000 à 2004, la délivrance des qualifications se situe aux environs de 63.300 par an, avec 59.400 qualifications françaises de niveau 1 à 4, et 3.950 qualifications étrangères.
Par contre, sur les variations annuelles des qualifications françaises de niveaux 1 à 4, il faut noter que si de 2000 à 2004 le chiffre total a augmenté de 4.000, les qualifications délivrées par la FFESSM ont chuté de 2.500 (- 6 %), alors que celles délivrées par l’ANMP augmentaient de 6.500 (+ 59 %) sur la même période. Cette tendance renforce celle observée en matière de variation du nombre de pratiquants et de leur répartition dans les différents secteurs associatifs et professionnels.
La délivrance des brevets des organismes nord-américains a également progressé et a presque doublé entre 2001 et 2004, même s’il reste confidentiel (7 % du marché total de la formation), notamment à cause de l’inadéquation du cursus avec le cadre juridique français.
1.1.3.2.3 - Les qualifications de plongeurs aux mélanges
En 2004, 2.000 qualifications de mélanges autres que l’air (nitrox, trimix) ont été délivrées. La plupart de ces qualifications sont délivrées par la FFESSM (1.582 soit 79 %), les autres par l’ANMP (259 soit 13 %) et divers organismes spécialisés non reconnus officiellement (159 soit 8 %).
Les qualifications de plongée au nitrox représentent 97 % (1.940) de l’ensemble, et celles concernant le trimix à peine 3 % (60). Cette proportion est logique car l’utilisation du mélange respiratoire nitrox est peu technique et vise à rendre plus sécurisée la plongée exploration dans les profondeurs inférieures à 40 mètres ; il peut donc intéresser le plus grand nombre. Le mélange trimix qui concerne des plongeurs souhaitant évoluer au delà de 60 m, est beaucoup plus technique à mettre en œuvre et reste un peu confidentiel.
1.1.3.3 - Formation des plongeurs français à l’étranger
Le nombre de plongeurs français qui se forment tous les ans dans des structures situées à l’étranger est difficile à comptabiliser. Il est possible de prendre en compte les chiffres annoncés par les voyagistes spécialisés en plongée, pour la fraction de plongeurs qui se forment directement sur leurs lieux de pratique en suivant des cursus autres que français (environ 3.000 personnes par an).
Le nombre de personnes supplémentaires qui se déplacent avec des voyagistes non spécialisés et se forment en achetant la prestation directement sur place peut être estimé à environ 1.500 personnes par an, ce qui porte à environ 4.500 personnes par an, le nombre de qualifications étrangères délivrées à des ressortissants français. Ces qualifications semblent être majoritairement délivrées selon les standards RSTC, encore que les centres de plongée de la confédération mondiale des activités subaquatiques (CMAS), dont le plus bel exemple est le Club Méditerranée, certifie de façon alternative suivant les standards CMAS. Enfin, dans les centres situés à l’étranger et qui sont conventionnés avec la FFESSM via Plongée France, il s’agit de certification FFESSM directe. Il convient de noter aussi un nombre important de certifications ANMP / CEDIP délivrées par les moniteurs français dans les centres du réseau ANMP / CEDIP à l’étranger.
1.1.4 - Le plongeur français et ses pratiques
1.1.4.1 - Répartition par sexe
En 2004, sur la base des chiffres fournis par la FFESSM et l’ANMP (2000 à 2004), la population des plongeurs français était estimée à 70 % d’hommes pour 30 % de femmes, alors que les statistiques nationales de 2001 indiquaient une moyenne de 48 % de pratiquantes dans l’ensemble des disciplines sportives confondues.
Selon la même enquête, la plongée se situerait, en ce domaine, au niveau du karaté, du judo, du tennis de table et du cyclotourisme. Pratiquement toutes les activités de pleine nature ont une proportion de femmes supérieure.
Au niveau des qualifications de plongeur, la tendance se vérifie, avec exactement la même proportion à la FFESSM et à l’ANMP : 68 % d’hommes et 32 % de femmes. Ce qui pourrait laisser penser que les femmes obtiennent légèrement plus de qualifications de plongeur que les hommes, mais qu’elles se
satisfont plus facilement des premiers niveaux (elles représentent 41 % des niveaux 1 et 14 % des niveaux 4).
Au niveau des brevets de moniteurs, la proportion d’hommes devient encore plus prédominante avec 89 % pour les brevets de moniteurs fédéraux, 83 % pour les BEES et 88 % parmi les membres de l’ANMP.
La comparaison avec les chiffres nationaux sur la pratique sportive des femmes, notamment une enquête de 2002, démontre que 70 % de femmes déclarent pratiquer de manière plus ou moins régulière une activité sportive (80 % pour les hommes), alors qu’elles étaient seulement 45 % en 1995 (62 % pour les hommes). Elles seraient aujourd’hui 21 millions de pratiquantes, avec une prédilection pour les activités de pleine nature et d’évasion : dans l’ordre décroissant, les plus citées sont la marche, la randonnée pédestre, la natation, le vélo, le VTT, la gymnastique, l’aérobic et le ski alpin.
Il faut également noter qu’en équitation, une autre pratique de pleine nature, les femmes sont majoritaires (60%). En moyenne, elle pratiqueraient moins le « zapping » des pratiques, avec une moyenne de 2,6 activités différentes par an (pour 3,4 chez les hommes).
1.1.4.2 - Répartition par âge
Toujours sur la base des chiffres de l’ANMP et des licenciés fédéraux FFESSM, il apparaît qu’en moyenne les plongeurs sont 88 % d’adultes pour 12 % d’enfants de moins de 16 ans (licence cadet à la FFESSM) avec un âge moyen du plongeur qui peut être estimé à 32 ans.
La répartition par tranche d’âge en 2004 est la suivante :
• 0 à 20 ans : 21 % (18,67 % en 2002)
• 21 à 30 ans : 23 % (21 ,51 % en 2002)
• 31 à 40 ans : 29 % (28,79 % en 2002)
• 41 à 60 ans : 25 % (29 % en 2002)
• + de 60 ans : 2 %
A la FFESSM, la tranche des 0 à 20 ans se décompose en 2004 entre 1,8 % de 8/10 ans, 8,5 % de 11/15 ans et 11 % de 16/20 ans. En analysant les variations sur les 6 dernières années, il apparaît que les tranches les plus jeunes ont quelques difficultés à se développer et les plus élevées ont tendance à augmenter.
Ces indicateurs, ajoutés au fait que la tranche 31 à 60 ans représente entre 55 et 60 % (59 % en 2002) des plongeurs, confirment que la population des pratiquants a tendance à « vieillir ».
1.1.4.3 - Catégorie socio-professionnelle et autres informations
Les données actualisées exploitables font cruellement défaut dans ce domaine. Il est toutefois possible d’exploiter deux sources qui datent un peu mais doivent rester en partie d’actualité.
Selon l’enquête de l’Agence Française de l’Ingénierie Touristique (AFIT) de 1997, les catégories socio-professionnelles concernées par la pratique de la plongée serait centrées sur les cadres supérieurs, professions libérales, artisans et commerçants, surtout pour les plongeurs en scaphandre, et un peu mieux réparties pour les activités en PMT. Le plongeur moyen vivrait en région parisienne ou méditerranéenne, dans une ville de 100.000 habitants et plus.
Par Michel CHAUVEAU
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Publié dans : greps
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